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Référendum contre Maduro annulé : l'opposition appelle les Vénézuéliens à manifester

L'annulation du processus référendaire contre le président Nicolas Maduro a enragé l'opposition vénézuélienne, qui appelle les Vénézuéliens à manifester massivement mercredi prochain contre un « coup d'État. »

Le dirigeant de l'opposition Henrique Capriles a demandé aux Vénézuéliens de défendre la Constitution du pays en manifestant la semaine prochaine contre la suspension du processus qui aurait mené à l'organisation d'un vote pour ou contre le maintien de M. Maduro à la présidence.

M. Maduro occupe le poste de président depuis la mort d'Hugo Chavez en 2013, mais est devenu très impopulaire depuis le début de la grave crise économique qui secoue le pays depuis trois ans.

Son mandat expire en 2019, mais selon un récent sondage, 76,5 % des Vénézuéliens désapprouvent sa gestion de la crise et du pays et 62,3 % se disent prêts à voter pour sa révocation.

Le Conseil national électoral (CNE) avait jusqu'au 28 octobre pour réunir quatre millions de signatures, soit 20 % de l'électorat, afin de procéder à un référendum sur l'avenir du président Maduro. Mais jeudi, le CNE a évoqué des fraudes commises par l'opposition pour justifier la suspension de la collecte des signatures.

La justice a aussi interdit à huit opposants, dont Henrique Capriles, de sortir du pays.

L'opposition a immédiatement accusé le gouvernement de collusion avec le CNE et Henrique Capriles a fixé à mercredi une « mobilisation dans tout le pays. »

« Nous allons reprendre le Venezuela pied à pied », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. « Nous devons rétablir le lien constitutionnel. »

Déjà, des centaines d'étudiants ont manifesté vendredi dans les rues de Caracas, appelant à la révocation du président. Une marche des femmes est prévue samedi, puis des manifestations nationales seront organisées mercredi.

De plus, le président du Parlement, Henry Ramos Alup, a annoncé que des représentants de l'opposition se rendraient au siège de l'Organisation des États américains (OEA) à Washington prochainement pour demander que la Charte démocratique de l'OEA soit appliquée.

L'organisation a le droit d'intervenir diplomatiquement contre l'un de ses États membres s'il est considéré qu'une crise constitutionnelle y menace la démocratie.

Henry Ramos Alup affirme qu'il est temps de prendre des mesures concrètes pour contrer la « rupture démocratique » au pays. « Seules les dictatures dépouillent leurs citoyens de leurs droits, ignorent le pouvoir législatif et ont des prisonniers politiques », a-t-il asséné. 

Le président a appelé au calme et au respect de la loi. « Personne ne devrait faire des folies. Le groupe irresponsable qui dirige l'opposition de droite ne doit pas gâcher Noël », a averti Nicolas Maduro.

En 2014, de violentes manifestations de l'opposition contre le gouvernement avaient causé 43 morts.

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