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Référendum en Turquie : le oui en avance, selon des résultats partiels

Le oui est en tête du référendum sur l'élargissement des pouvoirs présidentiels en Turquie, rapporte dimanche l'agence de presse Anatolie.

Après dépouillement de 95 % des bulletins, le oui atteint 51,7 % des suffrages.

Les 167 140 bureaux de vote ont fermé à 16 h dans l'est et à 17 h dans les autres régions du pays. Les Turcs résidant à l'étranger avaient déjà voté au préalable.

Cinquante-cinq millions d'électeurs étaient appelés à se prononcer sur une série d'amendements constitutionnels visant à remplacer le régime parlementaire par un régime présidentiel qui permettrait au président Recep Tayyip Erdogan de concentrer l'essentiel du pouvoir exécutif entre ses mains, le poste de premier ministre étant supprimé, et de rester au pouvoir au moins jusqu'en 2029.

Les résultats devraient être connus progressivement au cours des prochaines heures.

L’opposition dénonce des gestes illégaux

Une décision de dernière minute du bureau électoral turc d’accepter des bulletins non scellés suscite la grogne de l’opposition, qui remet en question la légitimité du processus électoral.

Une déclaration publiée sur le site web du Conseil électoral supérieur (YSK) avant la fin du scrutin prévient que les bulletins non scellés seraient comptabilisés à moins d’avoir été signalés comme étant frauduleux.

Les autorités justifient cette décision par un nombre élevé de plaintes d’électeurs concernant des responsables n'ayant pas scellé des bulletins de vote.

Le président optimiste après son vote

Une foule a scandé le nom du chef de l'État après que celui-ci a voté dans une école près de son domicile à Istanbul. Son entourage a distribué des jouets aux enfants présents.

« Je suis convaincu que notre peuple décidera d'ouvrir la voie à un développement beaucoup plus rapide », a déclaré le président turc après avoir déposé son bulletin dans l'urne.

Le premier ministre, Binali Yildirim, a quant à lui voté dans une école de la province d'Izmir, près de la mer Égée.

Un pays divisé

Le référendum a profondément divisé le pays. Le président Erdogan et ses partisans font valoir qu'il est nécessaire de modifier la Constitution, dont la version actuelle a été écrite par les généraux à la suite d'un coup d'État en 1980, pour affronter les enjeux auxquels est confrontée la Turquie en matière de sécurité et éviter les gouvernements de coalition fragiles que le pays a connus par le passé.

« C'est l'occasion de reprendre le contrôle de notre pays », a déclaré Bayram Seker, un auto-entrepreneur de 42 ans, après avoir voté « oui » à Istanbul.

Les opposants à la réforme disent craindre une dérive autoritaire dans un pays où quelque 40 000 personnes ont été arrêtées et 120 000 limogées ou suspendues de leurs fonctions dans le cadre de la répression qui a suivi le coup d'État manqué de juillet dernier.

« J'ai voté "non" parce que je ne veux pas que tout le pays et ses pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire soient entre les mains d'un seul homme. Cela ne rendra pas la Turquie plus forte ou meilleure comme ils le prétendent », a déclaré Hamit Yaz, un capitaine de navire âgé de 34 ans.

L'issue du scrutin aura aussi des conséquences sur les relations qu'entretient la Turquie, État membre de l'OTAN, avec l'Union européenne.

Tensions avec l’Union européenne

La Turquie a accepté de réduire le flot de migrants partant de son pays en direction de l'UE, au terme d'un accord conclu en mars 2016, mais Recep Tayyip Erdogan a fait savoir qu'il pourrait revenir sur cet accord à l'issue du référendum.

Les relations entre la Turquie et l'UE ont touché un point bas pendant la campagne pour le référendum. L'Allemagne et les Pays-Bas ont interdit des rencontres où devaient s'exprimer des ministres turcs pour convaincre la diaspora de voter « oui ».

Le président estime que la Turquie, confrontée aux guerres en Syrie et en Irak, a besoin d'un exécutif fort pour lutter contre l'État islamique et l'insurrection autonomiste kurde du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).

La réforme, présentée sous la forme de 18 amendements à la Constitution, prévoit, outre la suppression du poste de premier ministre, la possibilité pour le président de dissoudre le Parlement et de prendre certains décrets.

Avant le début du vote, des combattants kurdes ont attaqué un véhicule qui transportait un responsable de district du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir. L'attaque, qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde, a fait un mort, un gardien, selon les autorités.

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