Un nouvel accord a été conclu pour achever l'évacuation des secteurs de l'est d'Alep encore tenus par les rebelles, ont confirmé samedi un chef rebelle et un responsable du gouvernement syrien.

L'accord prévoit l'évacuation des deux villages chiites de la province d'Idlib assiégés par les insurgés, Al-Foua et Kefraya, l'évacuation des personnes blessées de Madaya et Zabadani, deux communes bloquées par les forces progouvernementales près de la frontière libanaise, et l'évacuation totale de la partie d'Alep-Est encore tenue par les rebelles.

L'évacuation, qui avait commencé jeudi, a été interrompue vendredi par l'armée syrienne, qui a accusé les rebelles de « ne pas respecter les conditions de l'accord », en ayant tenté d’ouvrir le feu et d’avoir voulu sortir d’Alep avec des armes moyennes et des otages.

La suspension de l’évacuation serait aussi liée au blocage par les rebelles de l'évacuation des 4000 personnes occupant les villages chiites d’Al-Foua et Kefraya.

Par ailleurs, les rebelles accusent les milices chiites progouvernementales d'avoir ouvert le feu vendredi sur un convoi transportant des personnes évacuées d'Alep-Est. Cette accusation est rejetée par l'armée syrienne, qui a toutefois précisé que le convoi avait été renvoyé vers Alep.

Il resterait environ 40 000 civils dans la minuscule portion de territoire que tiennent encore les insurgés à Alep, et entre 1500 et 5000 combattants avec leurs familles, selon l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Ces derniers ont passé la nuit dans les ruines des immeubles par des températures avoisinant les -6 degrés, privés d'eau potable et de nourriture.

Depuis jeudi, environ 8500 personnes, dont 3000 combattants, ont été évacuées vers des territoires sous contrôle rebelle, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les médias officiels syriens parlent de 8000 évacués.

Après des années de bombardements et un siège de plus de quatre mois, c'est une offensive particulièrement destructrice lancée à la mi-novembre qui a permis à l'armée syrienne et à des milices alliées de reprendre Alep, que les rebelles tenaient depuis 2012.

La réaction internationale

Le président américain Barack Obama a imputé vendredi la responsabilité du bain de sang à Alep à Bachar Al-Assad et ses alliés russes et iraniens. Il a réclamé le déploiement d'observateurs impartiaux pour superviser les évacuations.

La France a d'ailleurs présenté vendredi un projet de résolution en ce sens au Conseil de sécurité de l'ONU, où la Russie, alliée de Damas, s'est montrée sceptique. Un vote sur la proposition pourrait avoir lieu en fin de semaine.

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