L'évacuation du dernier secteur d'Alep-Est encore sous l'emprise des insurgés a repris dimanche soir, après trois jours de suspension.

« Les évacuations sont en cours. Des autobus et des ambulances sont en train de quitter Alep-Est maintenant », a affirmé un responsable en Syrie à Reuters. Les premières personnes auraient quitté Alep vers 23 h, heure locale.

Les évacuations avaient été compromises dimanche après que des combattants syriens eurent mis le feu à au moins cinq autobus devant évacuer des personnes malades et blessées dans les villages chiites d’Al-Foua et de Kefraya, assiégés par les rebelles, dans la province d'Idlib.

Selon le Hezbollah, groupe libanais combattant aux côtés du gouvernement syrien, les flammes se sont emparées des autobus durant des combats entre le Front Al-Nosra et un groupe rebelle ayant appuyé les procédures d'évacuation.

Avant les incendies, il était prévu que les civils commencent à quitter Alep-Est, à condition que les deux localités soient aussi évacuées. En vertu de cet accord, 1200 personnes devaient être autorisées à quitter les deux villages, tandis qu'un nombre identique de civils devait pouvoir sortir d'Alep.

Pour l'heure, la reprise des évacuations n'a pas été confirmée pour les deux villages chiites encerclés par les rebelles.

Plus tôt dans la journée, plusieurs autocars sous le contrôle du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant-Rouge arabe syrien étaient entrés dans Alep-Est afin de recommencer les évacuations, suspendues vendredi par le gouvernement. Celui-ci s'était justifié en disant que des insurgés avaient tenté de s'enfuir avec des otages, à l'aide d'armes dissimulées dans leurs bagages. Les rebelles avaient de leur côté dénoncé des tirs des alliés gouvernementaux sur des autobus transportant des personnes évacuées.

Il resterait environ 40 000 civils et entre 1500 et 5000 combattants avec leurs familles dans le réduit rebelle d'Alep, selon l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Alep-Est, qui était tenue par l’opposition depuis 2012, n’est plus que ruines. Plus de 70 % des infrastructures dans ces quartiers ont été totalement ou partiellement détruites, indique l'administrateur de la ville d'Alep, Nadeem Rahmoun.

Vote prévu à l'ONU

Par ailleurs, les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont mis d'accord sur un projet de résolution qui implique la présence d'observateurs onusiens à Alep-Est pour superviser les évacuations. Le vote aura lieu lundi, tel que décidé par les diplomates après trois heures de négociations à huis clos.

La Russie, qui avait annoncé qu'elle opposerait son veto après avoir qualifié le texte présenté par Paris de « catastrophique », s'est montrée plus optimiste cette fois-ci. « Je pense que nous avons un bon texte », a déclaré l'ambassadeur de la Russie auprès des Nations unies, Vitali Tchourkine.

Le texte contient « tous les éléments essentiels permettant une supervision par l’ONU », selon l’ambassadrice américaine Samantha Power, qui s’attend à un « vote unanime » lundi.

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