Retour

Réunion d'urgence à l'ONU à la suite d'un tir de missile iranien

Le tir d'un missile balistique à moyenne portée par l'Iran, lundi, rouvre la plaie à peine refermée de la crise du nucléaire iranien. La France et les États-Unis estiment que ce tir - que Téhéran refuse de confirmer - fragilise la résolution qui a permis une sortie de crise, en juillet 2015, alors que la Russie et l'Iran soutiennent qu'il n'en est rien.

Le tir de missile a conduit les États-Unis à réclamer la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, mardi, après un appel de l’ambassadeur d’Israël.

Un membre de l’administration américaine a expliqué, sous couvert de l'anonymat, que le missile balistique iranien avait été lancé de Semnan, à l’est de Téhéran. Il aurait parcouru 1000 km avant d’exploser.

En visite à Téhéran, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a donné un avertissement feutré à ses hôtes.

« La France a fait part à plusieurs reprises de son inquiétude quant à la poursuite des essais balistiques qui sont contraires à l'esprit de la résolution 2231 », a déclaré M. Ayrault au cours d’une conférence de presse conjointe, tenue à Téhéran, avec son homologue iranien Mohammad Zarif.

« Ils surviennent dans un contexte régional délicat et entravent le processus de restauration de la confiance mis en place par l'accord de Vienne », a ajouté M. Ayrault.

L’Union européenne (UE) s’est également dite « inquiète », exhortant l’Iran à « ne pas accroître la méfiance » envers son programme balistique.

« L'UE réitère son inquiétude quant au programme de missiles iranien et exhorte l'Iran à s'abstenir de toute action susceptible d'accroître la méfiance, comme des essais de missiles balistiques », a indiqué une porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

L'ombre de Trump

Sans infirmer ni confirmer le tir de missile, le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que de tels tirs ne constituaient pas une violation des accords de Vienne ou de la résolution 2231.

Cette affirmation est soutenue par le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov. « La résolution 2231 du Conseil de sécurité ne comporte pas d'interdiction pour l'Iran de mener de telles actions », a-t-il dit à l'agence Interfax.

M. Zarif a ajouté que l’Iran n’utiliserait jamais ces missiles pour attaquer un autre pays. « Aucun missile iranien n'a été produit pour transporter des têtes nucléaires », a-t-il poursuivi.

« Nous espérons que la question du programme défensif de l'Iran [...] ne sera pas utilisée comme un prétexte » par la nouvelle administration américaine pour « provoquer de nouvelles tensions », a mentionné M. Zarif, exprimant un sentiment partagé par la diplomatie russe.

Le ministre Zarif soulignait ainsi le changement d’attitude de la Maison-Blanche quant à la résolution de l’ONU sur le nucléaire iranien depuis le changement de garde à la présidence américaine.

Le nouveau président Donald Trump, qui a succédé à Barack Obama le 20 janvier dernier, a remis en question l’accord sur le nucléaire iranien au cours d’une entrevue accordée à la presse européenne.

Donald Trump a estimé que l'accord était « l'un des pires jamais conclus » par son pays et a menacé de le réviser, voire de l'enterrer.

Plus d'articles