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Riyad accorde 48 heures de plus à Doha pour se plier à ses demandes

L'Arabie saoudite et ses trois alliés, qui ont mis le Qatar au ban depuis le 5 juin pour son soutien présumé au « terrorisme », ont accepté d'accorder 48 heures de plus à la pétromonarchie de Doha afin qu'elle se plie à leur liste de 13 demandes.

Le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, a remis aujourd’hui sa réponse officielle au médiateur koweïtien, qui a ensuite demandé à l’Arabie saoudite de prolonger l’ultimatum fixé au Qatar.

Le contenu de la lettre remise à l’émir du Koweït n’a pas été dévoilé. Le ministre qatari des Affaires étrangères avait toutefois déjà révélé les intentions de son pays samedi en affirmant, en conférence de presse à Rome, que « la liste des demandes [était] faite pour être rejetée ».

L’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Émirats arabes unis et l’Égypte ont fait suivre une liste de 13 demandes au Qatar le 22 juin dernier. Celle-ci comprend notamment la fermeture de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira, la réduction des liens avec l’Iran – grand rival régional du royaume saoudien – ainsi que la fermeture d’une base militaire turque à Doha.

S’adressant à la presse dimanche, le vice-premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a affirmé que son pays n’avait aucune intention de fermer sa base militaire à Doha, estimant que la stabilité et la sécurité régionales en dépendaient.

Le vice-premier ministre a également mis en garde quant aux conséquences régionales que pourrait engendrer une escalade de cette crise « artificielle ».

En somme, il estime que la liste des demandes faites au Qatar est tout simplement « trop rigide ».

Le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al-Hussein, a pour sa part affirmé vendredi que la fermeture d'Al-Jazira serait une attaque inacceptable du droit à la liberté d'expression et d'opinion.

La chaîne de télévision a par ailleurs répliqué à ses détracteurs en produisant une vidéo tournée en anglais dans laquelle ses journalistes procèdent à leurs propres demandes, qui concernent principalement la liberté de presse.

Si le Qatar refuse de se plier aux exigences ses adversaires, ceux-ci risquent d’ajouter de nouvelles sanctions à celles dont fait déjà l’objet le petit État.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Bahreïn doivent se rencontrer au Caire mercredi, tout juste après l’expiration du nouvel ultimatum.

Depuis le 5 juin, ces pays ont coupé les liens avec le minuscule État pétrolier, qui ne compte que 2,2 millions d’habitants. Ils ont restreint l’accès à leurs espaces aériens et portuaires, isolant le Qatar, qui ne dispose que d’une frontière avec l’Arabie saoudite.

Le Maroc, la Turquie et l’Iran ont depuis envoyé des tonnes de denrées alimentaires en direction du Qatar, dont environ 40 % de l’approvisionnement transite normalement par la frontière saoudienne.

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