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Royaume-Uni : un détour par les urnes pour mieux affronter le Brexit

La première ministre du Royaume-Uni a surpris la classe politique britannique, mardi, en réclamant des élections législatives anticipées afin de doter son gouvernement conservateur d'un mandat fort et d'une majorité plus confortable pour négocier le Brexit.

« J'ai décidé de déclencher des législatives anticipées le 8 juin », a dit Mme May dans une déclaration solennelle.

La première ministre doit toutefois obtenir l’aval du principal parti d’opposition, le Parti travailliste, qui se trouve au plus bas dans les intentions de vote.

Les prochaines élections législatives n’étaient prévues que pour 2020, mais Mme May estime que son gouvernement conservateur doit obtenir la légitimité des urnes et obtenir plus de latitude pour affronter la période de deux ans qui s’ouvre pour négocier la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Mme May estime que le pays a pansé ses plaies et que la population s'est réconciliée depuis le référendum sur le Brexit. Elle souligne toutefois que des divisions persistent au sein de la classe politique, une situation qui « menace nos chances de mener à bien le Brexit ».

Elle a avancé que « nos adversaires croient que notre détermination est fragile en raison de cette mince majorité et qu'ils pourront nous obliger à changer de trajectoire », en ce qui concerne la sortie de l'UE.

« Nous avons besoin de nouvelles élections et nous en avons besoin maintenant, a déclaré Mme May. Nous avons une occasion unique de le faire avant d'entrer dans le vif des négociations avec l'UE ».

En quête de légitimité

En poste depuis moins d’un an, Mme May n’a pas été portée au pouvoir par les urnes, elle a plutôt été appelée à remplacer David Cameron qui avait démissionné à la suite de la victoire du Brexit au référendum du 23 juin 2016.

Outre une légitimité pour négocier le Brexit, Theresa May souhaite se doter d’une plus grande majorité à la Chambre des communes, elle qui ne dispose que d’une majorité de 17 sièges.

Le Parti conservateur de Mme May détient 330 des 650 sièges de la Chambre des communes. Une majorité plus forte lui permettrait de se prémunir contre une éventuelle fronde au sein de son propre parti au sujet de certains éléments du Brexit.

Une telle situation affaiblirait la position du Royaume-Uni dans sa négociation avec l’UE.

Au zénith de sa popularité, Mme May entend profiter de l’extrême faiblesse des travaillistes, dont le chef Jeremy Corbyn est contesté au sein même de son propre parti. Bien qu’au plus bas dans les intentions de vote, ce dernier a immédiatement « accueilli favorablement » l'annonce de Theresa May.

M. Corbyn devrait ainsi donner le feu vert à ses députés pour appuyer la tenue d'élections anticipées.

Les derniers sondages donnent une avance de 21 points au Parti conservateur.

Mme May a formellement enclenché le processus de sortie de l'UE le 22 mars, neuf mois après la victoire référendaire du Brexit. Les deux prochaines années de négociations doivent mener à la séparation de l’UE après une union de 44 ans.

Le leader du Parti libéral-démocrate, Tim Farron, a quant à lui appelé les pro-UE à saisir « cette chance pour changer la direction de notre pays » et « éviter le désastre d'un Brexit dur », qui verrait une sortie du pays du marché unique, comme le préconise Theresa May.

L'UE garde le cap

Le déclenchement d’élections anticipées « ne change pas les plans » des 27 pays demeurant au sein de l’UE en prévision des négociations à venir sur le Brexit, a indiqué un porte-parole du président du Conseil européen, Preben Aaman.

Les dirigeants des 27 pays doivent adopter leurs « orientations de négociations » le 29 avril prochain dans un sommet à Bruxelles.

Des directives de négociations plus détaillées seront ensuite adoptées par les membres de l’UE le 22 mai. « Cela permettra aux 27 de commencer les négociations », a rappelé le porte-parole.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, espère, quant à lui, que l’élection anticipée mènera à plus de « clarté ».

« Toute forme prolongée d'incertitude ne va pas faire du bien aux relations entre l'Europe et le Royaume-Uni, a-t-il déclaré. Espérons que les nouvelles élections convoquées aujourd'hui par la première ministre May conduiront à plus de clarté et de prévisibilité dans les négociations avec l'Union européenne. »

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