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Russie : la plus grosse affaire de corruption depuis la fin de l’URSS connaît sa fin

Arrêté en 2016 lorsqu'il était ministre, une première depuis la chute de l'URSS, Alexeï Oulioukaïev a été reconnu coupable de corruption, à la conclusion d'un procès très médiatisé en Russie dans ce qui constitue la plus grave affaire de ce genre depuis l'arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir, il y a 18 ans.

L’ex-ministre de l’Économie est inculpé pour avoir obtenu un pot-de-vin de deux millions de dollars d’Igor Setchine, patron du géant pétrolier Rosneft et l'un des hommes les plus puissants de Russie, en échange d'une autorisation pour la vente à Rosneft du producteur pétrolier Bachneft, alors propriété de l’État.

Alexeï Oulioukaïev, 61 ans, a été condamné à huit ans de détention dans un camp à régime sévère.

Il s'estime toutefois victime d'un coup monté et dénonce ces accusations comme « absurdes » et relevant d'une « provocation monstrueuse et cruelle ».

Luttes de clans au Kremlin

À l'ouverture de son procès, en août dernier, M. Oulioukaïev avait accusé Igor Setchine d’être responsable du coup monté.

Cela avait mis sur la place publique de manière exceptionnelle et tout à fait inhabituelle les luttes de clans au Kremlin.

Igor Setchine, dont les liens avec Vladimir Poutine remontent à loin, est considéré comme favorable à une plus grande intervention de l'État dans l'économie, à la différence des tenants du libéralisme économique, dont fait partie Alexeï Oulioukaïev.

Nommé ministre de l'Économie en juin 2013, M. Oulioukaïev a supervisé une vague de privatisations destinées à réduire l'endettement de l'État.

Il s'était dans un premier temps opposé au rachat de Bachneft par Rosneft, avant de changer d'avis. Cette transaction, dit-on dans les milieux industriels, s'est faite au prix courant, ce qui rend étrange qu'il ait été nécessaire de verser une commission occulte, d'un montant en outre assez modeste.

Poutine commente l’affaire

Igor Setchine, que M. Oulioukaïev a qualifié de « démon », a refusé à plusieurs reprises de se présenter au tribunal lors du procès, même si la justice l’avait convoqué.

Jeudi, Vladimir Poutine a justifié lors de sa conférence de presse annuelle ce refus de M. Setchine en déclarant que « la loi n'a été ici en aucun cas enfreinte », niant le « deux poids, deux mesures » dans la justice russe.

« Les enquêteurs ont rassemblé assez d'éléments, y compris la déposition de Setchine. Il aurait pu répéter tout ce qu'il a exposé lors de l'enquête préliminaire », a ajouté le président russe.

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