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Salah Abdeslam n'est qu'une « pièce du puzzle » des attentats de Paris

« Nous sommes loin d'avoir terminé le puzzle », a déclaré le procureur fédéral belge, Frédéric Van Leeuw, au cours d'une conférence de presse conjointe avec son homologue français, François Molins, au sujet de l'arrestation du principal suspect dans les attentats du 13 novembre à Paris, Salah Abdeslam.

« Nous avons pas mal de pièces du puzzle et ces derniers temps plusieurs pièces du puzzle ont trouvé leur place, mais je suis encore loin, et nous sommes encore loin, d'avoir terminé le puzzle », a-t-il expliqué.

Les deux hommes ont confirmé les informations diffusées par M. Molins au cours du week-end, mais ils ont surtout soigné l'image de la collaboration harmonieuse entre les équipes communes de leurs deux pays.

Seul survivant du commando qui a fait 130 morts à Paris, le 13 novembre 2015, Salah Abdeslam a été arrêté à Bruxelles, vendredi dernier, après quatre mois de cavale.

M. Molins a révélé qu'Abdeslam avait déclaré aux policiers belges qu'il avait l'intention de se faire exploser lors des attentats, mais qu'il avait finalement changé d'idée.

Abdeslam, 26 ans, a été accusé de « participation à des assassinats terroristes » et de « participation aux activités d'un groupe terroriste ».

Un nouveau suspect identifié

Les procureurs ont confirmé l'identification d'un nouveau suspect, Najim Laachraoui, qui était auparavant connu sous la fausse identité de Soufiane Kayal, mais ils se sont réfugiés derrière le secret de l'instruction pour éviter de divulguer de nouvelles informations. Ils ont notamment refusé de préciser le rôle de leur nouveau suspect dans les attentats de Paris.

Le procureur Molins tente d'obtenir le transfert du suspect sur son territoire, alors que son homologue a insisté sur l'importance de fournir le temps nécessaire à l'accusé de préparer une « défense utile ».

« L'enquête a pu établir que le nommé Soufiane Kayal peut être identifié comme étant le nommé Laachraoui Najim, né le 18 mai 1991, parti en Syrie en février 2013 », a indiqué auparavant le parquet par voie de communiqué.

C'est sous sa fausse identité qu'une maison avait été louée près de Namur, dans le sud de la Belgique, pour servir à la préparation des attentats. « Des traces ADN de Najim Laachraoui ont été retrouvées dans la maison louée à Auvelais, ainsi que dans l'appartement de la rue Henri Bergé à Schaerbeek [une commune de Bruxelles], qui auraient été utilisés par le groupe terroriste », poursuit le parquet belge.

Attentats terroristes à Paris

Laachraoui avait également été contrôlé au moment où il circulait en voiture, le 9 septembre dernier, sous l'identité de Soufiane Kayal. Il se trouvait à la frontière austro-hongroise en compagnie d'Abdeslam et de Mohamed Belkaïd. Ce dernier, un Algérien de 35 ans, est l'individu qui a été abattu vendredi par les policiers à Forest, dans le sud-ouest de Bruxelles. Il avait ouvert le feu sur des policiers venus perquisitionner l'appartement où il se trouvait.

Les enquêteurs croient que Laachraoui et Belkaïd étaient les destinataires des textos envoyés par les terroristes qui ont attaqué Paris le 13 novembre. « On est parti, on commence », indiquait le texto envoyé à 21 h 42 par un des terroristes du Bataclan à un téléphone localisé en Belgique.

De son côté, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a également révélé qu'Abdeslam préparait d'autres attaques contre Bruxelles, cette fois.

« Nous avons trouvé beaucoup d'armes, des armes lourdes au cours des premières investigations, et nous avons trouvé un nouveau réseau autour de lui à Bruxelles », a indiqué le ministre belge.

L'avocat d'Abdeslam s'inquiète pour le secret de l'instruction

Plusieurs de ces révélations ont soulevé l'ire de l'avocat d'Abdeslam, Sven Mary, qui a rappelé la divulgation du contenu d'une instruction était une violation du droit belge.

« La lecture d'une partie de l'audition de M. Abdeslam en conférence de presse constitue une violation », a déploré Sven Mary au quotidien belge Le Soir. « Nous ne sommes pas tenus par ce qui se passe en France. Par contre, eux sont tenus par le secret de l'instruction en Belgique », a poursuivi l'avocat à la télévision belge RTBF.

Les démarches de l'avocat belge devraient toutefois demeurer lettre morte puisque des dispositions des lois française et belge prévoient des exceptions au secret de l'instruction. L'avocat d'Abdeslam soutient que son client doit tout d'abord régler un dossier avec la justice belge et qu'il pourrait ensuite s'avérer d'une grande utilité pour la Belgique.

Sven Mary estime que son client « vaut de l'or » pour la justice belge. « Il collabore, il communique [...], avance-t-il. Il serait intéressant de laisser maintenant le temps au temps, pour que je puisse en parler avec lui, pour que les enquêteurs puissent parler avec lui. »

Une décision sur son transfert doit être prise dans les 60 jours, une période qui pourrait se prolonger à 90 jours si le suspect s'oppose à la procédure. En attendant, Salah Abdeslam reviendra en cour mercredi afin de que sa détention soit prolongée et que l'enquête se poursuive.

De nationalité française, Salah Abdeslam est né en Belgique de parents d'origine algérienne. Il aurait joué un rôle prépondérant dans l'organisation des attentats de Paris. Il aurait notamment participé à la venue de certains des terroristes en Europe, acheté du matériel explosif et loué un appartement de même qu'un véhicule ayant servi aux attaques.

Au terme de quatre mois de chasse à l'homme, Abdeslam a finalement été arrêté dans la commune bruxelloise de Molenbeek, là où il a grandi.

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