Les campagnes de Donald Trump et de Hillary Clinton, les deux meneurs des primaires en vue de l'élection présidentielle de novembre, ont subi un ressac au Wisconsin, mardi.

Du côté républicain, Ted Cruz peut encore espérer ralentir, sinon renverser l'élan de Donald Trump. À peine 35 minutes après le début du décompte, les médias américains avaient donné la victoire au sénateur du Texas. Celui-ci obtient l'appui de 49,5 % des électeurs républicains. M. Trump, qui traverse une période de perturbations, ne recueille que 33,6 % des suffrages. Le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, ferme la marche à 14,5 %.

Les délégués sont répartis selon une formule hybride. Un certain nombre d'entre eux sont réservés au vainqueur des différents districts électoraux, ce qui pourrait profiter à Donald Trump, malgré tout. Les résultats toutefois lui compliquent la tâche pour s'assurer d'une majorité de délégués avant le congrès à la direction du parti.

Chez les démocrates, Bernie Sanders n'a pas toujours dit son dernier mot. Quelques minutes après l'annonce de la victoire probable de Ted Cruz, les médias octroyaient l'État du Wisconsin au sénateur du Vermont. Les résultats étaient légèrement plus serrés, mais M. Sanders tirait son épingle du jeu en obtenant 55,9 % des suffrages. Mais comme les délégués sont répartis de façon proportionnelle entre les deux candidats, M. Sanders a à peine entamé l'avance de l'ancienne secrétaire d'État, mais la victoire peut lui donner un nouvel élan.

Selon Ted Cruz, les résultats de mardi représentent un tournant dans la campagne. Rappelant qu'il a récemment obtenu des victoires en Utah, au Dakota du Nord et même dans des petits caucus régionaux au Colorado, il a promis à ses partisans qu'il parviendra à atteindre une majorité de délégués avant ou pendant le congrès du parti à Cleveland, en juillet.

Pensant à la campagne présidentielle à venir, le vainqueur républicain de la soirée a aussi tenté de tendre la main aux électeurs du pays, au-delà de ses partisans, citant John F. Kennedy, à gauche, et Winston Churchill, à droite.

« Le Wisconsin a allumé la chandelle qui nous guidera vers la victoire. Ce soir, nous pouvons espérer pour l'avenir », a-t-il lancé.

L'organisation de Donald Trump ne s'est pas montrée très gracieuse dans la défaite, attaquant férocement Ted Cruz. « Ted Cruz est moins qu'une marionnette. C'est un cheval de Troie dont se servent les patrons du parti pour voler l'investiture à M. Trump », a-t-elle déclaré par voie de communiqué. M. Trump ne s'est pas adressé personnellement au média.

Gonflé à bloc

Devant ses partisans gonflés à bloc, Bernie Sanders a rappelé qu'il avait maintenant enlevé sept des huit dernières primaires.

Affirmant avoir le vent dans les voiles, le sénateur a exhorté les délégués d'office - les dirigeants et les élus du parti - de réfléchir plus attentivement avant d'accorder leur appui définitif à Mme Clinton.

Si M. Cruz a cité un ancien président démocrate, M. Sanders, lui, a paraphrasé un ancien président républicain, Abraham Lincoln : « Notre organisation est celle du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

Au cours des 30 minutes de son discours, M. Sanders n'a jamais lancé d'attaque personnelle ou même politique contre Hillary Clinton, préférant concentrer ses attaques sur l'establishment économique du pays et motiver ses troupes.

« Si nous parvenons à réveiller le peuple américain, à le convaincre de se lever et de se battre, il n'y a rien que nous ne puissions pas accomplir », a-t-il déclaré.

Hillary Clinton n'a pas commenté sa défaite.

Il y a 42 délégués en jeu chez les républicains et 86 du côté démocrate.

Avant les primaires de mardi, Donald Trump menait la course du côté républicain, comptant 740 délégués. Ted Cruz en avait 474 et John Kasich 145. Pour être élu au premier tour, un candidat doit avoir l'appui de 1237 délégués.

Chez les démocrates, Hillary Clinton domine grâce à l'appui des superdélégués, les dirigeants et élus du parti. Mme Clinton peut compter sur l'appui de 1742 délégués, 691 de plus que Bernie Sanders.

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