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SeaWorld arrête ses élevages controversés d'orques

La direction des parcs d'attractions aquatiques SeaWorld a annoncé l'arrêt de tous ses programmes d'élevage d'orques en captivité. Depuis plusieurs années, la compagnie américaine fait face à de farouches critiques quant à sa façon de traiter les animaux et voit la fréquentation de ses parcs plonger.

Un texte de Anne-Diandra LouarnTwitterCourriel

Virage à 180 degrés pour SeaWorld. Les 29 orques actuellement à sa charge seront les dernières élevées dans les bassins turquoise du parc. La toute première y était née en 1985, et depuis, 30 autres orques y avaient vu le jour, notamment grâce aux toutes premières inséminations artificielles jamais réalisées. La compagnie n'a prélevé aucune orque en milieu naturel depuis 40 ans.

« SeaWorld est à l'écoute et nous sommes en train de changer. La société évolue et nous évoluons avec elle », a écrit la direction dans un communiqué de presse, ajoutant que cette dernière génération d'épaulards vivra dans ses trois parcs de San Diego, San Antonio et Orlando, car elle ne peut pas être relâchée dans la nature, n'y ayant jamais évolué.

« Dans l'océan, ils ne pourraient pas survivre ou chercher de la nourriture par eux-mêmes, ils seraient exposés à des maladies inconnues et devraient faire face à des problèmes environnementaux comme la pollution ou d'autres menaces créées par l'homme », souligne l'entreprise fondée il y a plus de 50 ans.

Partenariat avec un ancien ennemi de SeaWorld

SeaWorld a également annoncé l'abandon d'un projet de 100 millions de dollars, très critiqué par les défenseurs des animaux, baptisé « Blue World » (monde bleu) qui avait pour objectif d'élargir l'habitat des orques.

À la place, l'entreprise investit dans un partenariat avec l'organisme Human Society Of The United States (HSUS) qui prévoit une enveloppe de 50 millions de dollars sur cinq ans afin d'agir pour la conservation des océans et de lutter contre la chasse commerciale des orques, phoques et requins.

« Nos deux organisations ont longtemps été des ennemies, mais nous sommes aujourd'hui très heureux de voir que SeaWorld transforme ses activités », a réagi Wayne Pacelle, président de Human Society Of The United States, qui rappelle que son organisme a lutté contre les pratiques de SeaWorld pendant plus de deux décennies.

Une loi sur la captivité au congrès américain?

En novembre dernier, SeaWorld avait déjà annoncé la suppression d'ici 2017 de son spectacle d'orques à San Diego - pourtant l'une des activités phares de ses parcs - afin d'être remplacée par une attraction « éducative ». La mesure doit être appliquée aussi dans les parcs de San Antonio et Orlando d'ici 2019.

SeaWorld est sous le feu des critiques depuis 2013 après la diffusion du documentaire Blackfish qui mettait en lumière les conditions de vie cruelles des orques et des autres mammifères en captivité. La mort de plusieurs animaux, notamment deux bélugas appartenant à l'aquarium de Vancouver, a ensuite été très médiatisée.

Adam Schiff, un parlementaire californien engagé contre les pratiques d'élevage en captivité, souhaite aller encore plus loin et propose un projet de loi « Orca Act » qui oblige tous les acteurs du secteur des parcs aquatiques à prendre les mêmes mesures que SeaWorld. « Les partisans réclament ces changements depuis plusieurs années et je pense que les visiteurs récompenseront leurs actions en affichant un intérêt renouvelé », a-t-il commenté sur Twitter.

L'action de la compagnie, qui a chuté d'environ 11 % ces dernières années, se situait à 17,12 $US mercredi à la clôture des marchés.

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