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Selon Mexico, le nombre de clandestins expulsés des États-Unis se maintient

L'arrivée au pouvoir du président Donald Trump n'a pas entraîné une augmentation du nombre de clandestins mexicains expulsés des États-Unis, a fait savoir lundi le ministre mexicain des Affaires étrangères. Les inquiétudes n'en sont pas moins vives au sein de cette communauté.

« Le nombre d'expulsions se maintient [...] On n'a pas encore vu d'augmentation », a assuré Luis Videgaray lors d’une entrevue accordée à la chaîne Televisa.

Selon lui, les quelque 50 consulats mexicains aux États-Unis reçoivent cependant trois fois plus d'appels téléphoniques de ressortissants mexicains vivant aux États-Unis qu'avant l'élection présidentielle du 8 novembre, preuve des vives inquiétudes que suscite le président Trump.

« Ça augmente de façon exponentielle », a-t-il commenté, en expliquant que les Mexicains posent des questions, se plaignent ou font part de leurs inquiétudes concernant le processus d'expulsion. Depuis trois ou quatre jours, a-t-il précisé, certaines procédures semblent avoir changé dans certains États en ce qui concerne le traitement des clandestins.

Certaines opérations menées en Californie ont en outre été marquées par une grande visibilité, a souligné le ministre Videgaray.

La semaine dernière, des agents fédéraux de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) ont arrêté des centaines de migrants sans papiers dans une demi-douzaine d’États. L'agence n'a pas précisé le nombre exact d'arrestations.

Une porte-parole du secrétariat à la Sécurité intérieure, Gillian Christensen, a soutenu qu’il s’agissait là d’opérations de « routine » visant des clandestins qui constituent « une menace pour la sécurité publique ou pour l’intégrité du système d’immigration ». Une majorité d’entre eux sont des criminels, dont certains ont été reconnus coupables de meurtre ou de violence conjugale, a-t-elle indiqué.

Selon CNN, l’ICE a notamment arrêté 160 personnes originaires d’une douzaine de pays la semaine dernière à Los Angeles; 150 d’entre eux avaient bel et bien un dossier criminel, mais 10 autres n’en avaient pas. Cinq d’entre eux étaient cependant visés par un ordre de déportation ou avaient déjà été expulsés.

Au Mexique, les inquiétudes ont été ravivées la semaine dernière après qu’une femme de 35 ans, Guadalupe Garcia de Rayos, eut été expulsée après s’être présentée à un bureau de l’ICE de Phoenix, en Arizona. Elle avait été reconnue coupable d’avoir utilisé un faux numéro d’assurance sociale en 2008.

Lors de ses sept visites précédentes au même bureau, cette mère de deux enfants avait été relâchée sans problème, mais pas cette fois. Son avocat a soutenu que cette déportation était une conséquence directe de la volonté affichée de Donald Trump d’expulser des millions de clandestins.

L’ICE a plutôt fait valoir qu’il n’y avait rien de spécial dans cette histoire, puisque la femme avait commis un crime, et qu’elle n’avait fait que mettre en œuvre l‘ordre d'expulsion la visant.

« Ce cas de Mme Garcia de Rayos illustre une nouvelle réalité pour la communauté mexicaine des États-Unis, qui doit affronter la sévère mise en œuvre de mesures visant à contrôler l’immigration », a commenté vendredi le ministère mexicain des Affaires étrangères.

Le ministère soutenait en outre que les consulats mexicains « anticipaient » d’autres cas du genre, et invitait ses ressortissants à « se familiariser avec différents scénarios qui pourraient survenir » et à connaître les endroits où ils peuvent obtenir de l’information et vérifier leurs droits.

Les États-Unis comptent environ 11 millions de clandestins à l’heure actuelle, et plus de la moitié d’entre eux sont des Mexicains.

Au cours de sa campagne électorale, Donald Trump s'est engagé a expulser de 2 à 3 millions de clandestins reconnus ayant un dossier criminel.

Sous l'administration Obama, les autorités américaines expulsaient essentiellement les clandestins reconnus coupables de crimes graves, mais un ordre présentiel signé par M. Trump en janvier a considérablement élargi les possibilités.

Il stipule que les États-Unis doivent expulser quiconque a été reconnu coupable d'un crime, même mineur, ou même simplement accusé d'un crime. Il en va de même pour quiconque a été visé par un ordre définitif de déportation.

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