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Séoul : une brigade de la dernière chance tente de sauver les désespérés

En Corée du Sud, la quête de l'or olympique se déroule dans un pays où la recherche de l'excellence et de la performance peut virer au cauchemar. Dans ce pays qui a l'un des taux de suicide les plus élevés de l'OCDE, l'échec est perçu comme une humiliation, si bien qu'une brigade maritime participe aux efforts pour tenter de dissuader les désespérés.

Un texte d’Anyck Béraud, correspondante en Asie

Au rythme des alertes sonores les avertissant qu’un accident ou un acte désespéré est peut-être sur le point de se produire, les pompiers de cette escouade maritime sont toujours prêts.

Lorsqu’ils ne sont pas en train de sauver une vie, ces fiers soldats de l'eau se préparent comme d'autres brigades le long de la rivière Han à toute éventualité, en bravant toutes les conditions.

Lors de notre passage, l’alarme les amène vers le pont Mapo, surnommé le pont des suicidés, d’où sautent le plus grand nombre de Séouliens. Il se situe au cœur du quartier financier.

Ce jour-là, une personne tangue dangereusement. En attendant que les sauveteurs arrivent, 25 caméras surveillent ses mouvements comme le lait sur le feu.

« Une alarme est déclenchée dès qu'il y a une tentative d'enjamber la balustrade. L'an dernier, il y a eu 1500 alertes et la majorité était des suicides », explique le chef d'équipe, Heo Jeong Ok.

La personne suivie depuis quelques minutes a finalement changé d'avis. Mais de l'aveu même de leur chef d'équipe, ces pompiers vivent un stress permanent, sachant qu’ils ne peuvent pas sauver tout le monde.

Un téléphone de la dernière chance

Ceux et celles qui se rendent sur le pont Mapo avec l'idée de commettre l'irréparable peuvent lire des messages qui se succèdent comme pour les accompagner, comme si une personne les suivait pour leur parler et les inviter à prendre un café par exemple.

À mi-chemin, un téléphone, celui de la dernière chance est utilisable. Il permet d’appeler un conseiller d'un centre anti-suicide.

« Ce téléphone a été installé parce qu'on a beaucoup de suicides en Corée du Sud, et de personnes qui souffrent de troubles compulsifs obsessionnels », précise le chef d'équipe.

Au pays du miracle économique, de la performance et de l'ultra-compétitivité, un échec est souvent perçu comme une humiliation. C’est l'une des raisons qui poussent au suicide, car la pression est trop forte.

Image de cette pression, une vedette de la K-pop en pleine gloire, Kim Jong-Hyun, a causé l’émoi en décembre en s’enlevant la vie à l’âge de 27 ans. Il se disait « cassé de l’intérieur ».

Depuis, le gouvernement a annoncé en janvier dernier un plan quinquennal d'action contre le suicide, dans cette Corée du Sud où il y a de grandes inégalités sociales.

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