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Sept ans de prison pour un éminent défenseur chinois des droits de la personne

Un célèbre défenseur des droits de la personne en Chine, l'avocat Zhou Shinfeng, a été condamné jeudi à une peine de sept ans de prison pour « subversion contre le pouvoir de l'État » au terme d'un procès expéditif.

Cette sentence à l'encontre du fondateur de la firme Fengrui, prononcée par un tribunal de Tanjin, est considérée comme le plus récent exemple que Pékin accroît sa répression envers ceux qui critiquent le pouvoir communiste.

La firme pékinoise Fengrui, aujourd'hui démantelée, était réputée pour avoir représenté des intellectuels, comme le célèbre artiste Ai Weiwei, et des membres de groupes religieux interdits, dont des adeptes du Falun Gong.

Elle s'était aussi attaquée à l'un des plus grands groupes laitiers du pays dans le cadre du retentissant scandale du lait contaminé à la mélamine.

Le tribunal a conclu que M. Shifeng avait « attaqué le système socialiste », utilisant son cabinet pour « défier le gouvernement » et « mettre en péril la sécurité nationale ».

Les procureurs de l'État ont plaidé qu'il avait « encouragé des avocats à publiciser des dossiers », « embauché des protestataires pour perturber le système judiciaire » et joué « un rôle important au sein d'un groupe d'activistes pour tenter de manipuler l'opinion publique et miner la sécurité nationale en répandant des pensées subversives ».

Le procès est cependant qualifié de « farce politique » par la directrice de la recherche d'Amnistie internationale pour l'Asie du Sud-Est, Roseann Rife. Selon elle, le sort des prévenus était « scellé avant même qu'ils n'entrent au tribunal ».

Selon Amnistie, la Chine mène « une campagne de répression sans relâche contre les avocats défendant les droits de la personne et des activistes ». Environ 300 personnes répondant à cette description ont été arrêtées depuis un an, et une vingtaine d'entre eux demeurent détenus.

C'est la troisième fois que le tribunal de Tanjin rend des jugements du genre cette semaine.

Un auteur dissident, Hu Shigen, a écopé de sept ans de prison pour avoir « fomenté une révolution » pour renverser le régime. Il a déjà passé 16 ans derrière les barreaux pour avoir tenté de commémorer les manifestations prodémocratiques de la place Tiananmen, en 1989.

Le militant Zhai Yanmin a pour sa part été condamné à trois ans de prison après avoir été reconnu coupable de « subversion. » Il avait organisé des manifestations antigouvernementales à répétition.

Selon les médias chinois, Zhou Shifeng a plaidé coupable et s'est d'ailleurs livré à une « autocritique » ponctuée de déclarations lénifiantes, comme aiment les orchestrer les responsables politiques.

Il y dirait notamment qu'il renonce à faire appel parce que la « justesse » du jugement « passerait le test » de l'histoire avant d'exprimer sa « gratitude » au président Xi Jinping pour avoir « renforcé le régime de droit ».

Le tribunal a aussi affirmé dans un microblogue que Zhou Shinfeng avait lui-même exigé deux fois par écrit que ses proches, qualifiés de « non éduqués », n'assistent pas à son procès.

Dans une vidéo postée en ligne, sa femme, Li Heping, a cependant indiqué qu'elle et d'autres juristes incriminés étaient en fait confinés chez eux, en résidence surveillée.

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