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Serjao Loroza, de la favela à la gloire en chantant

Il est un des rares musiciens brésiliens noirs à avoir réussi. Il fait rêver de nombreux jeunes des favelas, en leur démontrant qu'on peut être noir et s'en sortir. Portrait.

Un texte de Ginette Lamarche à Désautels le dimanche

La samba est la marque de commerce du Brésil. Or, la musique brésilienne est aussi colorée et diversifiée que l'est ce grand pays. Du fora au choro, au funk carioca, en passant par la bossa-nova, la musique brésilienne puise dans des racines africaines, latinas ou encore portuguaises.

Celui qui incarne peut-être le mieux cette diversité musicale, c'est Serjao Loroza, un musicien noir qui fait danser les Brésiliens de toutes les couleurs avec ses sonorités festives. Voici donc une samba en six temps avec ce chanteur hors norme.

Le musicien

J'ai rencontré Serjao Loroza au joli parc Lage, au coeur de Rio de Janeiro. Comme tout bon Carioca, il était légèrement en retard. Il sortait d'une répétition pour son nouveau spectacle, qui sera très jazz, dit-il les yeux pétillants.

Le Noir des favelas

Très rapidement, la conversation s'est engagée sur ses origines noires africaines, pauvres. « Je n'ai pas grandi ici, dans les beaux quartiers. Tout ce que j'ai connu dans mon enfance, c'est l'univers des favelas, de la violence de rue. »

Le comédien


Serjao Loroza a du bagou, du talent; c'est un rassembleur. Il s'est d'abord fait connaître dans un téléroman populaire, où il incarnait le Noir rigolo, espiègle. Puis les publicitaires sont venus le chercher pour une publicité sur la bière, diffusée dans tout le pays. Sa carrière était lancée.

Loroza, c'est en quelque sorte une exception culturelle. « Nous, les Noirs, on est considérés comme des gens de seconde catégorie », raconte-t-il.

Le modèle

Sejao est devenu une inspiration pour les jeunes Noirs, une référence. Lui, il a réussi, il peut prendre l'avion ou aller au restaurant. Serjao leur donne de l'espoir. Il démontre que c'est possible de s'en sortir. Il dit avoir été investi d'une responsabilité qu'il n'a pas vue venir.

Le citoyen

Serjao Loroza a voté, comme beaucoup de Noirs et de pauvres, pour Lula en 2002, cet ouvrier devenu président. « Lula a incarné pour nous, les gens en bas de l'échelle, l'espoir, le changement », raconte-t-il.

Serjao Loroza n'est pas très optimiste pour l'avenir, avec la destitution de la présidente, Dilma Roussef, et la débandade du Parti des travailleurs. Il craint pour les acquis obtenus durant l'ère Lula.

La « dynamo »

Le chanteur n'est pas du genre à s'apitoyer sur son sort ni sur celui des siens. Sa musique est enlevante, joyeuse, sensuelle. Il n'aime pas le chorino, ce genre musical très connu au Brésil, issu du temps de l'esclavage.

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