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Seulement trois députés élus au premier tour en Haïti

En Haïti, seulement trois députés sur 119 ont été élus au premier tour des élections législatives qui se sont déroulées le 9 août, selon les résultats fournis par le conseil électoral provisoire dans la nuit de jeudi à vendredi.

Aucun des 20 postes de sénateurs n'a en outre été pourvu à l'issue du scrutin, qui visait à élire tous les députés et les deux tiers du Sénat du pays le plus pauvre du continent américain.

Le conseil électoral indique par ailleurs que le scrutin devra être réorganisé dans 25 des 119 circonscriptions, à cause des violences qui ont entraîné la fermeture de dizaines de bureaux de vote. Deux personnes avaient été tuées lors de ces violences.

Le conseil a également annoncé l'exclusion de 16 candidats, accusés d'avoir empêché la bonne tenue du scrutin. Les actes reprochés sont graves : tirs à l'arme automatique à proximité des bureaux de vote, saccages des urnes, ou encore, agression armée contre un membre du personnel électoral.

Ces candidats risquent des peines de prison de 6 mois à 5 ans, des amendes et « la perte des droits civils et politiques pendant cinq ans au moins et dix ans au plus ».

Taux de participation de 18 %

Les électeurs haïtiens ont boudé les élections législatives, même si elles sont les premières à se dérouler en Haïti depuis l'arrivée au pouvoir du président Michel Martelly, en mai 2011.

Le Conseil électoral fait part d'un taux de participation de 18 % à l'échelle nationale et de seulement 10 % dans le département de l'Ouest, le plus peuplé du pays, qui englobe la métropole Port-au-Prince.

Le 2e tour des législatives aura lieu le 25 octobre, en même temps que le premier tour de la présidentielle et les élections locales.

Haïti est actuellement privé de Parlement depuis une dissolution prononcée le 12 janvier, le jour anniversaire du tremblement de terre de 2010 qui a fait plus de 200 000 morts.

Depuis cette date, Michel Martelly gouverne par décret. La Chambre basse est déserte et les dix sénateurs encore en poste, sur les 30 que compte normalement l'institution, ne permettent pas d'atteindre le quorum.

Élections non démocratiques?

Plusieurs voix se sont élevées au cours des dernières semaines pour demander l'annulation du scrutin, ce qu'a refusé le Conseil électoral provisoire.

La mission d'observation électorale de l'Union européenne a critiqué la précarité de l'organisation du premier tour des législatives, et des organisations haïtiennes de défense des droits de l'homme l'ont qualifié de non démocratique.

Par ailleurs, selon une nouvelle règle introduite à la loi électorale, certains prétendants à un poste parlementaire pourraient être déclarés élus sans avoir obtenu la majorité des votes, dans le cas où l'écart avec leur concurrent direct dépasserait 25 %.

Les candidats et les partis politiques ont trois jours pour contester ces résultats auprès des tribunaux électoraux, qui devront rendre leur verdict d'ici une semaine.

Un défi logistique

Le conseil électoral « aura à revoir la disposition des bureaux de vote pour pouvoir assurer que les électeurs ont un peu plus de facilité au moment d'exercer leur droit démocratique », a déclaré Sandra Honoré, chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

Pour la tenue des scrutins du 25 octobre, sept urnes au lieu de deux seront placées dans certains bureaux de vote exigus. Le 9 août, beaucoup d'écoles converties en bureaux de vote ne disposaient pas de l'espace nécessaire pour permettre aux citoyens de voter dans de bonnes conditions.

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