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Shinzo Abe confirme la préparation d'un sommet avec Kim Jong-un

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a appelé samedi le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à surmonter ensemble leur méfiance mutuelle et a confirmé que des efforts étaient en cours en vue d'un sommet.

Dans un entretien télévisé, le dirigeant japonais a expliqué que son gouvernement avait contacté la partie nord-coréenne « par différents canaux » afin de mettre sur pied une rencontre avec Kim Jong-un.

Lors d'un sommet historique mardi à Singapour avec le président américain Donald Trump, Kim Jong-un s'était montré, selon des médias japonais, prêt à rencontrer Shinzo Abe.

« Pendant le sommet, M. Kim a dit à M. Trump : "Je peux rencontrer le premier ministre Shinzo Abe" », a notamment rapporté le quotidien Sankei.

Le Japon, resté à l'écart de l'intense ballet diplomatique des derniers mois, veut aborder avec Pyongyang la question des ressortissants japonais enlevés par des agents nord-coréens dans les années 1970 et 1980 pour former des espions, sujet qu'il présente comme une priorité.

« Je veux effectuer un pas en avant et résoudre la question [des enlèvements] une fois que nous aurons chacun surmonté notre méfiance mutuelle », a déclaré M. Abe, soulignant éprouver un fort sentiment de sa responsabilité pour résoudre cette question.

Le premier ministre avait déjà fait état publiquement de sa disposition à rencontrer Kim Jong-un à ce propos.

Selon le quotidien Yomiuri Shimbun, le ministre japonais des Affaires étrangères envisage des pourparlers avec son homologue nord-coréen en marge d'une rencontre de l'Association des nations du sud-est asiatique (Asean) à Singapour à la fin de juillet.

Durant son entretien télévisé, M. Abe s'est dit également prêt à participer au financement de la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Dans la déclaration commune à l'issue de sa rencontre avec M. Trump, le leader nord-coréen s'était engagé à une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ».

« Il est naturel de supporter les coûts pour le Japon et d'autres pays susceptibles de bénéficier de l'allègement des peurs concernant les armes nucléaires », a-t-il dit.

Le premier ministre Abe a néanmoins souligné que Tokyo n'avait aucun projet de fournir une aide financière à Pyongyang sans avoir résolu la question des enlèvements.

La Corée du Nord a admis en 2002 l'enlèvement de 13 Japonais. Un mois après ces aveux, cinq ont été autorisés à rentrer au Japon. Pyongyang affirme que les huit autres sont morts, mais n'a pas fourni de preuves.

Tokyo compte au moins 17 kidnappés et soupçonne des dizaines d'autres disparitions d'être le fait des services nord-coréens.

Donald Trump avait dit mardi avoir abordé le sujet avec Kim Jong-un, mais cette question, comme celle des missiles capables d'atteindre le Japon, ne figure pas dans le document signé à Singapour par les deux dirigeants.

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