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Skripal était surveillé depuis au moins 5 ans par les Russes, selon Londres

Le conseiller national à la sécurité britannique Mark Sedwill a affirmé vendredi que l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, empoisonnés à l'aide d'un agent innervant, étaient tous deux surveillés depuis au moins cinq ans par le renseignement militaire russe.

« Selon nos informations, l'intérêt des services de renseignement russes pour les Skripal remonte au moins à 2013, lorsque des comptes de messagerie électronique appartenant à Ioulia Skripal ont été visés par les cyberspécialistes du GRU », le service de renseignement militaire russe, souligne M. Sedwill dans une lettre adressée au secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, et publiée par l'agence de presse Press Association.

La lettre avance en outre que l'agent innervant de type Novitchok utilisé contre M. Skripal et sa fille a été développé dans un laboratoire situé à Chikhany, près de Volgograd, qui est lié à l'Institut de recherches d'État pour la Chimie et les technologies organiques (GNIIOKhT), dans le cadre d'un programme baptisé Foliant.

« Il est très probable que les Novitchoks ont été développés pour empêcher sa détection par les Occcidentaux et pour contourner les contrôles internationaux d'armes chimiques », écrit-il. La Russie, poursuit-il, « a continué à développer des [substances de type] Novitchok après avoir ratifié la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, en décembre 1997.

« Au milieu des années 2000, le président [russe, Vladimir] Poutine était impliqué de près dans la programme russe d'armes chimiques », ajoute M. Sedwill.

Au cours de cette décennie, « la Russie a lancé un programme visant à tester les moyens de transport d'agents de guerre chimiques et à former le personnel des unités spéciales à l'utilisation de ces armes », ajoute encore le conseiller national à la sécurité britannique dans sa lettre à l'OTAN.

M. Sedwill réitère également que le laboratoire militaire britannique de Porton Down, spécialisé dans les recherches chimiques et biologiques, a déterminé que les « plus fortes concentrations » d'agent innervant avaient été « découvertes sur la poignée de la porte » d'entrée du domicile de Sergueï Skripal à Salisbury.

« Nous continuons donc à juger que seule la Russie dispose des moyens techniques, de l'expérience opérationnelle et du mobile de l'attaque contre les Skripal », conclut le responsable britannique. « Il n'y a pas d'autre explication plausible ».

L'implication présumée de ce laboratoire avait été révélée la semaine dernière par le quotidien The Times. Il a aussi été montré du doigt par plusieurs scientifiques russes.

L'ambassadeur de Russie à Londres, Alexandre Yakovenko, a accueilli avec une « grande surprise » l'affirmation selon laquelle Ioulia Skripal était surveillée par les services secrets russes depuis au moins 2013.

« Si quelqu'un les espionnait, pourquoi les services britanniques ne se sont-ils pas plaints? Ils n'arrêtent pas de se plaindre quand quelque chose ne va pas. Mais là, il n'y a rien eu, personne n'a dit que quelque chose n'allait pas avec les Skripal », a-t-il déclaré.

Londres «  déforme  » les conclusions de l'OIAC, selon Moscou

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) avait par ailleurs annoncé jeudi que les analyses en laboratoires confirmaient « les découvertes du Royaume-Uni quant à l'identité de l'agent chimique toxique utilisé à Salisbury » pour empoisonner Sergueï Skripal et sa fille.

La substance chimique est d'une « grande pureté », a précisé l'organisation, sans toutefois établir de responsabilités dans cette affaire où Londres accuse Moscou, qui clame son innocence.

La Russie a de son côté annoncé qu'elle ne « croira » aucune conclusion dans l'affaire Skripal tant que « ses experts n'obtiendront pas l'accès aux échantillons des analyses mentionnées dans l'expertise de l'OIAC ».

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a par ailleurs accusé vendredi Londres de « déformer » les conclusions de l'enquête de l'OIAC sur l'affaire Skripal, en s'en servant pour mettre en cause la Russie.

« L'OIAC n'a fait que confirmer la composition de la substance chimique » utilisée contre Sergueï Skripal et sa fille, et non son origine, a-t-il ajouté.

Sur la base de ces conclusions, le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a affirmé jeudi qu'il ne pouvait « y avoir aucun doute sur ce qui a été utilisé et il n'y a pas d'explication alternative sur le responsable » de cette attaque survenue le 4 mars en Angleterre.

« Seule la Russie a les moyens, le mobile et l'expérience en la matière », a-t-il assuré.

L'ambassadeur Yakovenko dit craindre pour sa part que le gouvernement britannique ne cherche à détruire les éléments matériels afin d'empêcher toute enquête indépendante.

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