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Sommet d'Helsinki : « une rencontre positive pour Poutine et négative pour Trump »

Les spécialistes en sciences politiques ne s'entendent pas sur l'importance de la rencontre entre les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine qui a eu lieu lundi à Helsinki. « Rencontre significative et importante » pour certains, « non-événement » pour d'autres, tous soulignent toutefois le fait que rien de concret n'est sorti de la rencontre, pas plus un engagement qu'un accord.

Un texte d'Isabelle Maltais

Pour Ivan Katchanovski, professeur de sciences politiques à l’Université d’Ottawa et spécialiste de la Russie, la réunion qui a eu lieu à Helsinki était nécessaire pour résoudre les querelles et diminuer les nombreuses tensions qui existent entre ces deux puissances nucléaires.

Selon lui, même si elle n’a donné lieu à aucun engagement réel, que « beaucoup d'éléments fondamentaux » n’ont pas été réglés et qu’il n’y a pas eu de changements dans les positions des deux parties, la rencontre a tout de même permis d’ouvrir le dialogue et risque d'avoir des répercussions positives.

Pour sa part, Vincent Boucher, chercheur en études stratégiques à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, qualifie le sommet de non-événement « parce que quand on parle de sommet en relations internationales, on s’attend à avoir un agenda au préalable où on va discuter et tenter de faire des progrès sur un enjeu précis ».

M. Boucher avance que dans ce cas-ci, « il n’y avait pas d’enjeu sur lequel on voulait clairement avancer », même si les États-Unis avaient « vaguement » l’intention de discuter de prolifération nucléaire.

Vincent Boucher croit en fait que Donald Trump visait surtout avec cette rencontre à obtenir plus de visibilité.

Cet objectif aurait échoué, selon les dires des deux spécialistes, qui s’entendent pour dire que le président russe a été le grand gagnant de l’événement.

« La rencontre a été positive pour Poutine, mais négative pour Trump, en raison des réactions qu’elle a générées aux États-Unis, notamment en raison de ses propos sur l’ingérence russe dans les élections américaines », estime Ivan Katchanovski. Donald Trump a affirmé croire Vladimir Poutine, qui nie toute ingérence, alors que toutes les agences de renseignements américaines disent le contraire.

Du même avis que le professeur de l'Université d'Ottawa, Vincent Boucher souligne que Trump avait plus à perdre que Poutine en se présentant à ce sommet. Ce qui a été le cas, selon lui, car en plus de ne pas remettre en question l’ingérence russe dans les élections américaines, celui-ci a également donné une légitimité à la Russie.

« On traite la Russie d’égal à égal. Et on ne parle pas des allégations concernant leurs violations des droits humains, une critique qui est au cœur de la plateforme républicaine de politique étrangère depuis près d’une décennie », remarque M. Boucher.

Pas d’intervention dans les élections américaines

Par ailleurs, pour MM. Katchanovski et Boucher, le fait que le président américain affirme, contre ses agences de renseignement, qu’il n’y a pas eu d’ingérence russe dans les élections américaines n’est probablement qu’une question d’intérêt personnel.

Cette idée est aussi reprise par Vincent Boucher.

« Trump voit l’enquête du procureur spécial Mueller comme une attaque personnelle envers la légitimité de son élection. S’il en vient à admettre que les Russes sont intervenus en sa faveur, que ce soit coordonné ou non avec sa campagne, ça vient ternir sa victoire », dit-il.

« S’il avait critiqué Poutine et s’était finalement rangé derrière les services de renseignements américains, on aurait été beaucoup plus surpris », conclut-il.

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