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Sommet de l'OTAN : Trump insulte l'Allemagne puis vante leur relation

Le président américain Donald Trump a finalement semblé se faire conciliant, mercredi, dans le cadre du sommet de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) à Bruxelles. Le chef d'État avait d'abord vertement critiqué l'Allemagne, avant d'affirmer qu'il entretenait de « bonnes relations » avec la chancelière Angela Merkel.

Quelques heures plus tôt, c’est pourtant à boulets rouges que le locataire de la Maison-Blanche tirait sur la chef du gouvernement allemand, accusant Berlin d’être « prisonnier » de la Russie, en raison du projet de gazoduc Nord Stream 2, qui relierait la Russie à l’Allemagne par la mer Baltique.

Ce projet est mal vu par Washington, et M. Trump a estimé qu’« il n’est pas normal » que les États-Unis doivent défendre l’Allemagne contre la Russie, alors que Berlin « paie des milliards de dollars à la Russie ».

« Si vous regardez bien, l'Allemagne est aux mains de la Russie. Ils se sont débarrassés de leurs centrales au charbon, de leurs centrales nucléaires. La majeure partie du pétrole et du gaz d'Allemagne proviennent de Russie. Je pense que l'OTAN doit regarder cela de plus près », a encore déclaré le chef d'État américain.

En fait, les importations pétrolières et gazières allemandes en provenance de la Russie équivalent à environ 20 % du cocktail énergétique de l'Allemagne, plutôt que les « 60 à 70 % » avancés par M. Trump.

La chancelière allemande Angela Merkel a rapidement rétorqué que l'Allemagne est tout à fait en mesure de prendre ses propres décisions seule.

« J'ai vécu moi-même dans une Allemagne contrôlée par l'Union soviétique et je suis très heureuse, aujourd'hui, de vivre dans une Allemagne réunifiée. Je peux donc affirmer que nous sommes en mesure de choisir nos propres politiques et de prendre nos propres décisions et c'est très bien comme ça », a-t-elle affirmé.

Après une rencontre en tête à tête avec Donald Trump, la chancelière a adopté un ton plus posé.

Son ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, est venu l'épauler en affirmant que son pays n'était « ni prisonnier de la Russie ni prisonnier des États-Unis ».

Pour lui, l'Allemagne est « l'un des garants du monde libre ». Le pays prévoit par ailleurs bonifier de 80 % ses dépenses militaires d'ici 2024, a-t-il ajouté.

Ottawa appuie Berlin

Angela Merkel avait par ailleurs reçu un peu plus tôt un coup de pouce diplomatique de la part de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Lors d'une mêlée de presse tenue avant l'ouverture du sommet à Bruxelles, Mme Freeland a noté que le Canada faisait lui aussi ses propres choix en matière de politique étrangère.

La ministre n'a pas voulu dire si elle estimait que le président américain comprenait le fonctionnement de l'OTAN, lui qui affirme que les pays ne consacrant pas 2 % de leur PIB à la défense sont « débiteurs » des États-Unis.

De son côté, le premier ministre Justin Trudeau a estimé qu'« il y a toujours des perspectives sur la possibilité d'en faire plus, [...] on peut en parler, mais la réalité est que la solidarité, l'importance de l'OTAN demeurent ».

Paris relativement satisfait

L'Élysée, siège de la présidence française, a confié à la presse que Donald Trump avait présenté des « messages plutôt positifs et constructifs » sur la question de l'état des relations entre les États-Unis et l'Europe.

Le président américain aurait par ailleurs rappelé son « attachement personnel » au Vieux Continent.

« Il n'y a pas de rupture entre l'Amérique et l'Europe; les fondations sont bien là », a avancé une source à l'Élysée.

M. Trump s'est entretenu pendant une quarantaine de minutes avec son homologue français Emmanuel Macron « dans une ambiance de travail, amicale et détendue », a-t-on ajouté.

Parmi les autres sujets abordés dans le cadre du sommet, les alliés ont officiellement envoyé à la Macédoine du Nord une invitation à joindre les rangs de l'OTAN.

« La porte de l'OTAN est et restera ouverte. Nous sommes convenus d'inviter le gouvernement de Skopje à commencer des discussions d'adhésion », a ainsi indiqué le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, lors d'une conférence de presse.

Il faudra d'abord que la République de Macédoine du Nord finalise son changement de nom, a précisé M. Stoltenberg.

Les pays membres de l'OTAN ont également discuté du lancement d'une mission de formation des forces de sécurité irakiennes, dont le commandement sera assuré par le Canada.

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