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Sous pression à Mossoul, l'EI contre-attaque à Kirkouk

Des djihadistes du groupe armé État islamique ont lancé vendredi une spectaculaire offensive coordonnée contre la ville de Kirkouk, faisant au moins 22 morts et semant la terreur dans plusieurs secteurs de cette ville sous contrôle kurde.

L'attaque, toujours en cours après une douzaine d'heures, semble destinée à faire diversion au moment où l'armée irakienne, épaulée par des peshmergas kurdes et des milices, progressent vers Mossoul, dernier bastion de l'EI dans le pays.

Kirkouk, ville multiethnique située dans une région pétrolière, se trouve à environ 170 kilomètres au sud-est de Mossoul, non loin de la ville de Haouidja, qui est sous contrôle de l'EI.

Plusieurs secteurs de la ville ont été attaqués par de petits groupes de djihadistes armés de fusils d'assaut et d'explosifs. Des édifices gouvernementaux, le quartier général de la police, des barrages routiers et une centrale électrique ont notamment été ciblés.

Des témoins disent avoir entendu des explosions et des longues rafales d'armes automatiques toute la matinée, tandis que des télévisions kurdes locales ont montré des images d'affrontements dans plusieurs quartiers.

Selon des sources de sécurité consultées par Reuters, plusieurs dizaines de combattants auraient participé à cette attaque.

L'attaque la plus meurtrière semble être celle qui a été menée par trois kamikazes à la centrale énergétique de Dibis, construite par une société iranienne à 40 km au nord-ouest de Kirkouk.

Douze employés irakiens et quatre techniciens iraniens y ont été exécutés, selon un bilan concordant fourni par le maire de la ville et des policiers.

Les assaillants ont été tués ou se sont fait exploser lorsque des forces kurdes sont arrivées sur place.

Amaq, l'agence de propagande de l'EI, a affirmé que ses combattants « attaquaient la ville de Kirkouk à partir de tous les axes et contrôlaient presque la moitié de la ville », des allégations exagérées de l'avis de témoins et de responsables locaux.

Le groupe armé État islamique prétend en outre que ses hommes ont attaqué le siège du gouvernement provincial, mais le gouverneur de Kirkouk, Najmadin Karim, dément que les militants ont réussi à s'emparer d'un édifice gouvernemental.

La télévision kurde affirme pour sa part que tous les djihadistes qui ont attaqué la ville ont été tués, sauf deux hommes retranchés dans un hôtel neuf, d'où ils continuent de combattre les forces kurdes.

M. Karim croit que des cellules dormantes de l'EI à Kirkouk, une ville que l'organisation n'a jamais occupée, ont été activées. S'exprimant depuis la ligne de front au sud de Mossoul, le chef des forces spéciales irakiennes croit plutôt que les assaillants sont venus de l'extérieur de la ville.

État islamique, le règne de la terreur

Par ailleurs, 15 femmes ont été tuées et cinquante autres blessées, vendredi dans un raid aérien qui a visé un lieu de culte chiite situé à Dakouk, à 50 km au sud de Kirkouk, selon des responsables régionaux.

Les chiites commémorent actuellement la mort de l'imam Hussein, qu'ils révèrent, tué en 680 lors de l'un des événements fondateurs du schisme entre musulmans sunnites et chiites. Ces commémorations incluent des cérémonies non-mixtes.

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