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Standing Rock : les travaux sont arrêtés, mais l'inquiétude demeure

Le calme est revenu à Standing Rock, dans le Dakota du Nord, depuis que les autorités américaines ont rejeté le tracé de l'oléoduc d'Energy Transfer Partners. Mais ça ne veut pas dire que les esprits sont apaisés.

La barricade qui marque la frontière entre la zone des travaux du pipeline Dakota Access et le camp Oceti Sakowin est pratiquement déserte. Aucun policier en vue. Les manifestants qui viennent ici aujourd’hui ne peuvent braver que le blizzard qui souffle depuis quelques heures sur les plaines du Dakota du Nord.

C’est tout un changement. Au cours des quatre derniers mois, la tension était très vive ici. Policiers et protestataires se sont affrontés durement. Les forces de l’ordre ont reçu des pierres, des cocktails Molotov et parfois même des sacs remplis d’excréments. Ils ont riposté avec du gaz poivre, des balles de caoutchouc et des canons à eau. Seuls vestiges de tout cela : les carcasses calcinées de véhicules incendiés qui traînent toujours au bord de la route.

Jenny Loon était ici dimanche. Elle est revenue lundi et a constaté de ses propres yeux qu’en 24 heures la situation a complètement changé.

Je suis heureuse, mais modérément disons. Il n’y a pas de garantie encore. Avec Donald Trump qui a été élu et qui arrive en poste le mois prochain, tout pourrait changer, car il est en faveur du projet.

Jenny Loon

Elle habite à côté, mais va continuer de venir au camp ici aussi souvent que possible. Elle espère que ça va continuer, mais comprend bien que la majorité des gens ici vont devoir retourner à leur vie et à leurs obligations.

Dusten Fruita est installé juste à la limite de cette frontière délimitée par deux dérisoires cordons qui tomberont sans doute bientôt. Il regarde droit devant. Le jeune homme issu des Premières Nations ne croit pas que les travaux vont vraiment s’arrêter. Il redoute même une ruse.

Je pense qu’ils font ça à cause de la présence des vétérans et du froid qui est en train de s’installer. Tout le monde va partir et ils vont continuer à faire comme ils l’entendent. Ils ont investi des milliards de dollars dans ce pipeline qui est terminé à 90 %. Pensez-vous vraiment qu’ils vont y renoncer aussi facilement?

Dusten Fruita

Dusten soutient qu'il est là pour rester. Ce qu’il aimerait, c’est que tous ceux qui sont au camp maintenant marchent pour aller reprendre tout de suite le terrain. Questionné sur les risques de dérapage, il répond que tout le monde a le droit de se défendre si cela tourne au vinaigre.

Lorna Knowshisgun vient de terminer une vidéo en direct pour ses fans sur Facebook. Elle se dit journaliste, mais milite tout de même activement au sein du mouvement, ici, à Standing Rock. Elle a été sur la ligne de front à de multiples reprises et connaît maintenant bien le goût et l’odeur du gaz poivre. Elle est ici depuis le tout début de la contestation et entend bien y rester. Elle aussi est sur ses gardes et se méfie de ce soudain revirement de situation.

C’est une victoire, mais on va continuer de se battre et on va rester jusqu’à ce qu’on soit certains que c’est bel et bien dérouté sur un autre tracé, dit-elle. À mon avis, nous sommes ici pour encore une année.

Lorna Knowshisgun

Cela pourrait se révéler difficile. Quelques heures après cette entrevue, le président du Conseil des Sioux de Standing Rock a appelé tous les non-Sioux à quitter la réserve. Si c’est bien ce qui arrive, la vie ne sera plus tout à fait la même sur les lieux et le quasi-village qui a poussé au cours des derniers mois pourrait bien redevenir un simple camp.

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