En Syrie, la trêve tient tant bien que mal et les responsables syriens se mettent à parler de l'avenir, mais aussi des conséquences, pour le reste du monde, si elle échoue.

  Un reportage de Raymond Saint-Pierre

C'est dans un transport de troupes datant de l'ère soviétique que nous sommes allés de Lattaquié à Damas.

Le calme règne dans la capitale, les combattants semblent détendus. On nous emmène même rencontrer un ministre au titre très optimiste, le ministre de la Réconciliation nationale de la Syrie.

Quand nous lui demandons quel serait l'impact d'un échec de cette réconciliation, une panne d'électricité, comme il s'en produit souvent, interrompt la conférence de presse.

Dehors, le ministre Ali Khaidar, accompagné d'un traducteur, met en garde le reste du monde : un échec de la réconciliation, cela voudrait dire encore plus de réfugiés dans toute l'Europe et encore plus d'attaques terroristes du groupe armé État islamique, comme cela est arrivé à Paris.

Dans cette visite organisée par les ministères russes de la Défense et des Affaires étrangères, nous nous rendons ensuite dans la région de Tall Mnin, au village de Kerneh.

Une foule, dont plusieurs enfants, a été réunie pour scander des slogans faisant l'éloge du président Bachar Al-Assad. Ici aussi, on parle d'avenir.

Le maire de l'endroit, un partisan du président, ne peut imaginer l'avenir sans lui. Une professeure d'anglais, elle, se prend à rêver d'une vraie démocratie pour la Syrie.

Quand nous demandons à un résident du quartier si l'appui au président Al-Assad est aussi unanime, il nous répond que c'est plutôt moitié-moiité.

Plusieurs pays demandent le départ de Bachar Al-Assad pour assurer une paix durable. La Russie continue de l'appuyer.

Prochaine étape : Maaloula, village chrétien attaqué par le Front al-Nosra, une branche d'Al-Qaïda, en 2013. Un village martyr que les troupes syriennes mettront des mois à reprendre. Aujourd'hui, il reste presque désert, en ruine, en grande partie abandonné.

Le paysage est magnifique, on comprend pourquoi des gens ont voulu y vivre, pourquoi des gens y faisaient du tourisme. Et pourquoi de nombreux Syriens sont partis ailleurs, pour se refaire une vie.

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