Retour

Syrie : des bombardements détruisent une clinique financée par des Canadiens

La situation en Syrie s'envenime et la ville d'Alep, particulièrement, est à feu et à sang. Vendredi, des bombardements y ont détruit une clinique financée par une organisation humanitaire canadienne. Il n'y a pas de blessés, le raid étant survenu en début de nuit, au moment où la clinique était déserte.

Cette attaque survient deux jours après qu'un hôpital eut été bombardé, à Alep toujours, tuant une cinquantaine de civils dont six médecins, selon le plus récent bilan publié par Médecins sans frontières. Un acte que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a qualifié « d'inexcusable ».

L'attaque aérienne contre la clinique, vendredi, a été perpétrée tant par les forces du régime de Bachar Al-Assad que par celles de la Russie, selon l'organisation humanitaire à but non lucratif The Union of Medical Care and Relief Organizations (UOSSM-Canada), qui avait ouvert cet établissement en 2014.

De plus, d'autres bombardements à Alep vendredi ont causé la mort de 30 personnes, soit 17 du côté des rebelles et 13 dans les quartiers tenus par le régime syrien. On dénombre aussi des dizaines de blessés.

Surtout des femmes et des enfants

La clinique Al Marjeh fonctionnait grâce à des fonds canadiens provenant d'UOSSM-Canada, basée à Oakville, en Ontario. Cette organisation affirme avoir envoyé des millions de dollars en équipement médical ces deux dernières années pour la clinique Al Marjeh, mais aussi pour d'autres établissements de santé en Syrie.

D'après UOSSM-Canada, la clinique Al Marjeh traitait principalement des femmes et des enfants et a procédé à plus de 46 000 consultations depuis 2014. Sa destruction va priver 1400 personnes de soins, selon le Dr Anas Al Kassem, qui dirige l'organisation à Oakville.

Un crime de guerre

« Cela dépasse l'imagination, a déclaré le Dr Al Kassem dans une entrevue téléphonique accordée à CBC, ajoutant que cette attaque constituait un crime de guerre. »

« Notre métier consiste à dispenser des soins de santé et nous le faisons depuis quatre ou cinq ans, depuis que cette guerre a commencé », a déclaré le Dr Al Kassem.

Le Dr Al Kassem a précisé qu'aucun Canadien ne travaillait dans la clinique parce que les autorités canadiennes et turques avaient recommandé à leurs ressortissants de ne pas aller en Syrie.

Le coup de grâce

La guerre en Syrie a fait jusqu'ici 400 000 morts, selon l'envoyé spécial des Nations unies, Staffan de Mistura. Ce dernier avait dit jeudi que l'accord de cessez-le-feu était « à peine en vie ». La date pour la reprise des pourparlers de paix à Genève n'a pas encore été fixée.

De son côté, la coalition des forces d'opposition syriennes affirme que les massacres commis à Alep, par le régime d'Al-Assad et par la Russie, représentaient le coup de grâce pour la trêve.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine