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Syrie : les pourparlers reprennent, les combats se poursuivent, l'aide est bloquée

Alors que des combats continuent de faire rage dans les environs d'Alep et que le flux des réfugiés grossit en conséquence, les représentants du régime de Bachar Al-Assad sont arrivés à Genève, vendredi, pour une seconde ronde de pourparlers indirects avec les opposants fédérés par le Haut Comité de négociations (HCN).

Cette seconde ronde s'est ouverte mercredi, mais la délégation menée par l'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar Al-Jaafari, a retardé son arrivée en raison des élections que le régime a organisées mercredi dans les territoires qu'il contrôle. Ce scrutin est considéré comme illégitime par les pays occidentaux.

Les discussions, parrainées par l'ONU, doivent porter sur une transition politique n'ont guère avancé jusqu'ici.

Les opposants exigent une autorité de transition dotée de tous les pouvoirs et le départ du président Assad; le régime refuse de discuter d'un départ du président, et se borne à envisager un gouvernement incluant certains éléments de l'opposition.

Jeudi, le porte-parole du HCN, Salem Al-Meslet, a dit être prêt à envisager que l'autorité de transition comprenne des membres du gouvernement Assad « pourvu qu'ils ne soient pas impliqués dans des tueries ». « Mais nous répétons encore qu'Assad n'en fera pas partie », a-t-il aussitôt ajouté.

200 morts depuis dimanche dans la province d'Alep

Les discussions reprennent au moment où les affrontements entre le régime et différents groupes d'insurgés ont repris de la vigueur dans les environs d'Alep. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, plus de 200 combattants ont été tués de part et d'autre depuis dimanche.

Parmi les victimes figurent 82 militaires et miliciens prorégime, 94 djihadistes du Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et 34 autres liés au groupe armé État islamique (EI). Al-Nosra et l'EI ne sont pas partie prenante de l'accord de cessez-le-feu en vigueur depuis maintenant sept semaines.

Selon l'OSDH, le régime, l'EI et le Front al-Nosra, associé à d'autres groupes rebelles, continuent de lancer des attaques et des contre-attaques dans Alep. Depuis 24 heures, ces combats ont fait 20 morts parmi les combattants d'Al-Nosra et ses alliés, et 14 du côté des combattants prorégime.

L'EI se serait notamment emparé jeudi de six villages tenus par les rebelles dans le nord de la province d'Alep, près de la frontière turque. Entre 20 000 et 30 000 personnes ont fui ses combats depuis 48 heures. Plusieurs d'entre elles étaient déjà dans des camps.

Elles se dirigent maintenant vers Azaz, où des dizaines de milliers de personnes avaient déjà trouvé refuge en janvier et février.

À quelques kilomètres au nord de la ville d'Alep, les forces prorégime attaquent le Front al-Nosra et des alliés rebelles sur les collines de Handarat, un secteur hautement stratégique qui longe la dernière route permettant aux rebelles toujours retranchés à Alep d'être approvisionnés. L'armée de l'air a bombardé le secteur.

Au sud d'Alep, les djihadistes de l'EI se sont emparés des collines autour de Doureïhem, qui dominent la localité de Khanasser, où des combats font maintenant rage, selon l'OSDH.

L'aide humanitaire au compte-gouttes

Entre-temps, l'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, déplore que l'aide humanitaire ne parvienne qu'au compte-gouttes dans les villes de Syrie, particulièrement dans des quartiers de la périphérie de Damas encerclés par les forces prorégime.

« Il y a de la déception, de la frustration, bien sûr, surtout à un moment où on espérait que l'accès aux zones assiégées irait en s'améliorant », a-t-il déclaré à la presse jeudi, après s'être entretenu à Genève avec des représentants des pays qui fournissent de l'aide.

Selon un document du comité qui coordonne les opérations humanitaires de l'ONU, seules quatre opérations ont pu être organisées depuis le début du mois d'avril, ce qui n'a permis de fournir une assistance qu'à 0,8 % de l'ensemble des populations civiles assiégées.

En mars, il y avait eu 19 opérations, qui avaient bénéficié à 21 % de la population assiégée. 

« Il faut des améliorations », a-t-il dit, en invitant le groupe de contact sur la Syrie (États-Unis, Russie, Arabie Saoudite, Iran et Turquie) à « se réveiller. »

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