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Syrie : Washington rompt les pourparlers avec Moscou

Les États-Unis ont annoncé lundi qu'ils suspendaient leurs pourparlers avec la Russie sur un cessez-le-feu en Syrie, après le bombardement du plus grand hôpital d'Alep.

« Il n'y a plus rien dont les États-Unis et la Russie peuvent parler à propos de la Syrie », a affirmé la Maison-Blanche, qui juge « tragique » cet état de fait.

Même son de cloche du côté du département d'État américain, qui accuse la Russie de ne pas respecter l'accord conclu le 9 septembre entre les deux pays.

La Russie n'a pas réussi à respecter ses propres engagements, notamment humanitaires, et a été incapable de s'assurer que le régime syrien cesse ses bombardements, a expliqué John Kirby, le porte-parole du département d'État. « À l'inverse, la Russie et le régime syrien ont choisi de poursuivre une voie militaire », a-t-il constaté.

Les États-Unis ont aussi affirmé qu'ils renonçaient à un centre de coordination militaire commun avec la Russie pour lutter contre les groupes terroristes, comme cela était stipulé dans l'accord du 9 septembre.

Par conséquent, Washington va retirer son personnel qui avait été déployé en vue de la mise en place de ce centre, selon le département d'État.

Toutefois, John Kirby précise que les États-Unis continueront à communiquer et à échanger des informations militaires avec la Russie pour éviter un incident aérien entre leurs avions.

Syrie : l'engrenage de la guerre

Après l'annonce des États-Unis de suspendre les négociations, la Russie a fait part de ses regrets tout en déplorant le comportement de Washington.

L'ONU a exprimé sa déception concernant l'échec des pourparlers américano-russes. Toutefois, l'organisation mondiale espère qu'une solution politique sera trouvée en Syrie.

L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s'est dit profondément déçu par la fin des pourparlers sur un cessez-le-feu en Syrie, mais déterminé à oeuvrer pour une solution politique.

Le Conseil de sécurité des Nations unies discutait lundi soir d'un projet de résolution appelant la Russie et les États-Unis à instaurer un cessez-le-feu à Alep et à « mettre fin à tous les vols militaires au-dessus de la ville ».

La France, qui est l'instigatrice de ce projet, a dénoncé le « cynisme » des Russes, qu'elle qualifie d'« insupportable ».

Avant l'ouverture des débats, la Russie a fait savoir qu'elle ne soutenait pas ce projet de résolution déposé par la France.

« Nous ne soutenons pas, par principe, ce genre de mesures politisées destinées à utiliser le Conseil de sécurité pour accentuer la pression sur la Syrie et la Russie », a déclaré Guennadi Gatilov, vice-ministre russe des Affaires étrangères.

Dans le secteur rebelle d'Alep, décrit comme « l'enfer sur terre » par l'ONU, qui évoque « la plus grave catastrophe humanitaire jamais vue en Syrie », l'hôpital M10, le plus grand d'Alep-Est, a été complètement détruit lundi par des raids.

« L'hôpital a été visé directement par des raids aériens », a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Moscou, de son côté, s'est félicité de la « grande efficacité » de ses frappes, démentant tout bombardement d'hôpital ou d'école, malgré les accusations des Occidentaux.

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