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Téhéran dit avoir testé avec succès un lanceur de satellites

L'Iran soutient avoir réussi à lancer son appareil le plus développé technologiquement pouvant placer des satellites dans l'espace, selon la télévision d'État nationale.

Appelé Simorgh, du nom d'un oiseau mythique iranien, l'engin lancé ce matin peut placer des « satellites de 250 kg à une altitude de 500 km » au-dessus de la Terre.

Le lancement de jeudi matin inaugure officiellement le Centre spatial Imam Khomeiny qui a été construit pour lancer des satellites, selon la télévision d’État.

Téhéran annonce toutefois fréquemment des avancées technologiques qui demeurent difficiles à vérifier de façon indépendante.

Dévoilé en 2010, le Simorgh est une fusée à deux étages plus large que les modèles précédemment développés par l’Iran – le Safir et l’Ambassador – pour lancer des satellites.

Un programme illégal?

Le département d'État américain a réagi jeudi soir en indiquant que ce test va à l'encontre d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU).

« Nous considérons qu'il s'agit d'une violation de [la résolution] du Conseil de sécurité des Nations unies 2231 », a déclaré la porte-parole Heather Nauert lors d'une conférence de presse.

Cette résolution appelle l'Iran à ne pas développer des missiles balistiques capables de porter des têtes nucléaires et à s'abstenir de tout lancement utilisant cette technologie.

Les États-Unis dénoncent également que le programme balistique iranien contrevient à l’esprit de l’accord sur son programme nucléaire conclu en 2015. L’accord n’interdit pas explicitement les tirs de missiles, mais il stipule que l’Iran a accepté de limiter son enrichissement d’uranium en échange de la levée de sanctions économiques.

L’Iran avait envoyé un petit satellite d’observation, de 52 kg, en février 2015. Il s’agissait d’un premier lancement depuis 2012 pour Téhéran, qui avait indiqué avoir réussi à placer son satellite en orbite à 450 km de la Terre.

Il s’agissait du quatrième lancement d’un satellite de fabrication iranienne. Les trois premiers satellites avaient été lancés entre 2009 et février 2012.

Téhéran a également procédé au lancement de deux capsules habitées. Lancée en février 2010, la première capsule contenait un rat, des tortues et des insectes. Quant à la seconde, elle a été lancée en janvier de l’année suivante avec un singe à son bord. Les médias iraniens ont rapporté que le singe avait été récupéré vivant.

L’Iran a toutefois abandonné, en mai dernier, le projet d’envoyer un vol habité en orbite autour de la Terre. Téhéran estime que les coûts d’un tel programme sont prohibitifs.

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