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Tillerson, le futur chef de la diplomatie américaine, dénonce le « danger » russe

Dépeint comme proche de Vladimir Poutine, l'ex-PDG d'ExxonMobil Rex Tillerson, choisi comme secrétaire d'État par Donald Trump, a surpris avec ses propos peu amènes envers la Russie, qui « représente aujourd'hui un danger », selon lui.

De passage devant un comité sénatorial pour la confirmation de sa nomination, celui qui a été décoré de l'ordre de l'Amitié par le président Poutine, a pris à contre-pied ses détracteurs, affirmant notamment que les Russes et les Américains ne seront probablement « jamais amis », en raison de « systèmes de valeurs clairement différents ».

Invité à s’exprimer sur les accusations de piratage informatique attribué à la Russie pour favoriser l’élection de Donald Trump, le successeur désigné de John Kerry a laissé entendre qu'on « pouvait raisonnablement penser » que le président Poutine en était l’instigateur.

Il a ajouté que « même si la Russie cherche à se faire respecter sur la scène internationale, ses activités récentes sont allées à l'encontre des intérêts américains ».

L’ex-patron du géant pétrolier mondial, qui fait ses premiers pas en politique, s’est montré prudent sur les sanctions imposées par l’administration Obama à la Russie. Il a indiqué que cette mesure « fait du mal aux milieux d'affaires américains » désireux d'investir en Russie.

M. Tillerson a fait montre de la même prudence quand le républicain Marco Rubio a voulu savoir s'il considérait le président russe comme un « criminel de guerre », pour l'implication de son armée en Syrie. « Je n'utiliserais pas ce terme », a-t-il répondu.

Le Texan de 64 ans a par ailleurs dénoncé l’annexion de la Crimée par la Russie et a préconisé une « réponse vigoureuse » des États-Unis.

Il a dit aussi que les « alliés de l'OTAN ont raison de s'alarmer de la résurgence de la Russie », en réponse au sénateur démocrate Ben Cardin qui a accusé « le président Poutine d'avoir, depuis plus d'une décennie, tué l'émergence de la démocratie dans [son] pays et de s'être attelé à éroder le soutien à la démocratie en Europe ».

Ligne dure avec la Chine et l'Iran

Tout comme Donald Trump, Rex Tillerson a porté plusieurs coups à la Chine, en estimant que Washington doit l'empêcher de continuer à construire des îlots artificiels en mer de Chine méridionale.

Il a comparé cette politique à « l'annexion de la Crimée par la Russie », tout en ouvrant la porte à une politique plus agressive envers Pékin.

Interrogé sur l'accord sur le nucléaire iranien, Rex Tillerson s'est dit favorable à ce qu'il soit « passé en revue », mais n'a toutefois pas suggéré de le dénoncer.

Le futur secrétaire d'État a également dit à la commission des affaires étrangères du Sénat que les États-Unis devraient maintenir leur politique de non-prolifération nucléaire. Ses propos se démarquent des propos du président désigné, selon qui les États-Unis devraient grandement renforcer et accroître leur capacité nucléaire.

L'ancien PDG a aussi jugé important que les Américains gardent leur place parmi les pays signataires de l'accord de Paris sur le climat. Rex Tillerson croit que le niveau d'engagement des États-Unis sur cette question pourra ainsi être ajusté à celui des autres pays signataires.

La confirmation de Rex Tillerson devrait être une formalité, selon Bob Corker, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat.

Les ministres nommés par le nouveau président américain ont besoin de l’aval de 51 sénateurs sur 100 pour être confirmés. Les républicains contrôlent 52 sièges au Sénat.

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