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Trois arrestations pour le meurtre de Kim Jong-nam

Trois personnes ont maintenant été arrêtées relativement à la mort du demi-frère aîné du dictateur nord-coréen Kim Jong-un.

Les enquêteurs tentent toujours de faire la lumière dans cette affaire qui semble sortie tout droit des pages d'un roman d'espionnage de la guerre froide – notamment pour déterminer si, comme plusieurs le croient, le leader nord-coréen a bel et bien ordonné l'élimination de son demi-frère.

Sachant sa vie en danger, Kim Jong-nam vivait depuis des années à l'étranger, entre autres à Macao où il jouissait de la protection des autorités chinoises.

Trois suspects - deux femmes et un homme - ont été arrêtés séparément mercredi et jeudi. Les femmes ont été identifiées à partir d'images captées par les caméras de surveillance de l'aéroport international de Kuala Lumpur, où Kim Jong-nam a succombé à un malaise soudain lundi matin.

L'homme de 45 ou 46 ans a déclaré aux ambulanciers qui le transportaient vers l'hôpital, avant sa mort, qu'il avait été vaporisé avec un produit chimique.

Plusieurs médias sud-coréens ont affirmé, citant des sources non identifiées, que deux femmes, apparemment des agentes du régime nord-coréen, ont tué Kim Jong-nam avec un poison avant de s'enfuir en taxi.

Une femme arrêtée mercredi était en possession de documents vietnamiens quand elle a été interceptée à l'aéroport international, là où l'attaque a eu lieu. La deuxième femme a été arrêtée tôt jeudi et détenait un passeport indonésien. Des diplomates de ce pays l'ont rencontrée et ont confirmé qu'elle est Indonésienne.

L'arrestation du troisième suspect, un Malaisien qui serait le petit ami de l'Indonésienne, a été annoncée jeudi après-midi.

Les résultats de l'autopsie pratiquée sur le corps de Kim Jong-nam n'ont pas encore été dévoilés, mais la procédure pourrait permettre de vérifier s'il a véritablement été empoisonné. La Corée du Nord s'était opposée à l'autopsie mercredi, mais en vain.

Dans les mauvaises grâces du régime

Kim Jong-nam, qui avait longtemps été vu comme le dauphin de son père Kim Jong-il, est apparemment tombé dans les mauvaises grâces du régime nord-coréen en 2001, quand il a essayé d'entrer au Japon à l'aide d'un faux passeport pour, dit-il, aller visiter Disneyland Tokyo.

Les services sud-coréens du renseignement - dont la fiabilité quand vient le temps d'expliquer ce qui se passe au nord de la frontière est pour le moins discutable - ont indiqué mercredi aux parlementaires du pays que Pyongyang essayait d'éliminer Kim Jong-nam depuis au moins cinq ans. Ils n'ont toutefois pas affirmé que le Nord est responsable de l'assassinat, uniquement qu'il s'agissait d'une opération nord-coréenne.

Une tentative aurait notamment échoué en 2012, après quoi Kim Jong-nam aurait envoyé à son frère une lettre l'implorant de l'épargner, sa famille et lui.

Kim Jong-nam n'entretenait plus aucune relation avec Kim Jong-un et partageait son temps entre Macao, Singapour et la Malaisie. La Chine, qui voyait en lui un leader potentiel si jamais le régime de son frère devait commencer à s'effriter, lui offrait une protection serrée à Macao, ce qui n'était pas nécessairement le cas en Malaisie.

« Règne de la terreur »

Depuis son arrivée au pouvoir en 2011, Kim Jong-un a exécuté de nombreux hauts dirigeants dans le cadre de ce que la Corée du Sud a qualifié de « règne de terreur ». La purge la plus spectaculaire, en 2013, a coûté la vie à son oncle Jang Song-thaek, qui était parfois vu comme le deuxième homme le plus puissant du pays.

Un expert, Mark Tokola, a expliqué qu'il serait étonnant que Kim Jong-un n'ait pas ordonné la mort de son frère, puisque ce n'est apparemment pas la première fois que des agents nord-coréens essaient d'éliminer Kim Jong-nam.

M. Tokola a ajouté que rien ne permet de croire que Kim Jong-nam complotait contre son frère. Il incarnait néanmoins une alternative intéressante pour ceux qui auraient voulu remplacer Kim Jong-un, ce qui aurait alimenté la paranoïa bien connue du dictateur.

L'assassinat de Kim Jong-nam pourrait aussi servir d'avertissement à d'éventuels transfuges nord-coréens, en témoignant de la portée du régime. Une publication sud-coréenne rapportait la semaine dernière que Kim Jong-nam a tenté de passer au Sud en 2012, ce qui aurait pu provoquer la colère de son frère.

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