Le premier ministre canadien Justin Trudeau et la chancelière allemande Angela Merkel ont profité de leur rencontre à Berlin pour discuter de libre-échange, mais aussi de l'avenir de l'OTAN et de l'importance de la présence militaire canadienne en Europe de l'Est.

Questionnée quant aux récentes pressions du président américain Donald Trump, qui menace de réduire sa participation à l'OTAN, la chancelière allemande a insisté sur l'importance de maintenir l'esprit de coopération qui existe entre les partenaires de l'Alliance atlantique.

M. Trump et son secrétaire à la Défense, James Mattis, ont menacé cette semaine de réduire l’implication des États-Unis si les autres pays membres n’augmentaient pas leur budget militaire pour atteindre 2 % de leur produit intérieur brut.

« Il y a plusieurs moyens d’évaluer l’implication d’un pays au sein de l’OTAN », a ajouté Justin Trudeau, en conférence de presse aux côtés d’Angela Merkel. Cette dernière a indiqué que l’Allemagne souhaitait toujours atteindre la cible des 2 % au cours des prochaines années.

« En 2014, au Pays de Galles, l'Allemagne a approuvé [...] l'objectif des 2 % au cours de la décennie suivante et cet engagement n'a pas changé, ce qui signifie que nous avons toujours l'intention d'y parvenir », a-t-elle rappelé.

Justin Trudeau a aussi souligné que le Canada et l'Allemagne sont deux joueurs importants de l'OTAN, qui effectuent « le gros du travail ».

La participation du Canada dans certains conflits a été au cœur des discussions entre la chancelière et le premier ministre, notamment celui qui fait rage en Ukraine depuis 2014.

« Le Canada a une importante communauté ukrainienne et a donc beaucoup d’intérêt à trouver une solution à ce conflit », a souligné Mme Merkel, ajoutant qu’ils ont observé peu de progrès quant à une résolution de la guerre dans cette région.

Europe de l’Est et Mali

Pour sa part, le premier ministre Trudeau a rappelé que le Canada participerait activement à une mission en Lettonie pour « renforcer le flanc est de l’OTAN ».

M. Trudeau a aussi expliqué que son pays avait mis sur pied plusieurs projets pour augmenter sa force militaire, telles l’acquisition d’avions de chasse ou la construction de bateaux, et qu’il « continuait de travailler avec ses partenaires [de l’OTAN] pour être le plus efficace possible ».

Quant à une possible participation canadienne à la mission de maintien de la paix au Mali, M. Trudeau a simplement répondu que son gouvernement prenait le temps de « bien évaluer quelles missions ou engagements auxquels [le Canada] pourrait participer », soulignant le caractère risqué d’envoyer des soldats outre-mer.

Le premier ministre a toutefois réitéré la volonté du Canada de participer à nouveau aux missions de l’ONU.

James Matthis se veut rassurant

Pour son premier voyage en Europe, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, a tenté vendredi de rassurer les alliés des États-Unis quant à un possible désengagement de Washington auprès de l’OTAN.

À Munich pour la conférence mondiale sur la sécurité, M. Matthis a décrit un « arc d’instabilité » en périphérie du territoire de l’Alliance atlantique et a ajouté que « la sécurité de l’Amérique est liée de façon permanente à celle de l’Europe ».

Il a cependant rappelé le désir de Washington de voir les pays européens dépenser plus dans leur budget militaire. « Il est juste que ceux qui bénéficient de la meilleure alliance au monde prennent leur part des dépenses nécessaires pour défendre nos libertés », a-t-il indiqué.

Jusqu’à maintenant, les États-Unis assurent à eux seuls 70% des ressources de l’OTAN.

Le vice-président américain Mike Pence doit également être présent lors de la conférence tout comme Angela Merkel.

Commerce et libre-échange

Justin Trudeau et Angela Merkel sont de grands défenseurs de l'ouverture des marchés et du libre-échange et l'ont démontré lors de leur conférence de presse commune.

Les deux chefs d'État se sont d'ailleurs félicités de l'adoption cette semaine par le Parlement européen du traité de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne.

« L'AECG est un exemple de ce que nos pays peuvent faire lorsqu'ils travaillent ensemble », a déclaré Justin Trudeau. La chancelière allemande a souligné qu'il ne s'agissait pas que de commerce, mais « de conditions sociales, de protection du consommateur et de plusieurs autres aspects pour lesquels nous établissons des normes en prévision d'accords similaires futurs. »

Signe que cette entente ne fait toujours pas l'unanimité en Europe, des manifestants, avec en main des signes contre le traité, se trouvaient tout près de la chancellerie pour marquer l'arrivée de Justin Trudeau.

Après Berlin, le premier ministre rencontrera à Hambourg des gens d'affaires et des personnalités politiques allemandes, notamment pour parler de commerce.

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