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Trump à la défense des statues des confédérés

La culture et l'histoire américaines sont « taillées en pièces » par le retrait de statues représentant des personnages de la confédération sudiste, affirme le président Trump, déjà dans la tourmente dans la foulée des violents événements survenus en fin de semaine à Charlottesville.

« Triste de voir l'histoire et la culture de notre grand pays taillées en pièces par le retrait de nos magnifiques statues et monuments », a tweeté Donald Trump, entrant de plain-pied dans ce débat entre ceux qui y voient la célébration d'un passé raciste et ceux qui défendent le droit du sud à son histoire.

Des historiens soulignent par ailleurs que nombre de ces monuments ont été érigés pendant la ségrégation raciale ou en réaction au mouvement des droits civiques des années 1960.

Donald Trump a également souligné que « la beauté qui est retirée de nos villes et de nos parcs nous manquera et ne pourra pas être remplacée! »

Plus tôt cette semaine, en conférence de presse à la Trump Tower à New York, le président américain avait déjà semblé donner raison aux défenseurs des monuments controversés.

« George Washington possédait des esclaves [...] Est-ce qu'on va enlever ses statues? Et Thomas Jefferson? Est-ce qu'on va enlever ses statues? Il possédait beaucoup d'esclaves », avait-il déclaré en référence aux premier et troisième présidents des États-Unis, tous deux décédés bien avant la guerre de Sécession.

Dans les derniers jours, plusieurs de ces statues ont été retirées à travers les États-Unis, notamment dans le sud du pays où les drapeaux confédérés sont encore bien présents.

La controverse entourant ces drapeaux avait été ravivée en juin 2015, après le meurtre de neuf personnes noires, six femmes et trois hommes, tuées par balle par un suprémaciste blanc dans une église de la Caroline du Sud.

Un mois après le drame, cet État du sud-est avait retiré le drapeau confédéré de son parlement, rapidement imité par l'État de l'Alabama.

Selon un récent rapport du Southern Poverty Law Center (SPLC), spécialisé dans les mouvements extrémistes et les droits civiques, plus de 1500 symboles confédérés se trouvent encore dans l'espace public américain, incluant une centaine d'écoles publiques, dont la plupart dans le sud du pays.

Selon un sondage NPR/PBS/NewsHour/Marist, 62 % des Américains estiment que les statues célébrant des personnages des États sudistes confédérés devraient rester en place en tant que symboles historiques; 27 % sont d'avis contraire.

L'une de ces statues, celle du général sudiste Robert E. Lee, était justement au coeur d'un rassemblement de groupes d'extrême droite à Charlottesville qui a mal tourné lorsqu'un suprémaciste blanc a tué une manifestante antiraciste.

Le sondage téléphonique, effectué les 14 et 15 août auprès de 1125 personnes, révèle par ailleurs que 44 % des Afro-Américains sont d'avis que les statues doivent rester, contre 40 % qui pensent le contraire.

Les républicains sondés apportent un soutien massif au statu quo, tandis que les démocrates sont divisés : 44 % veulent les conserver, 47 % les voir disparaître.

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