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Trump admet que son mur à la frontière mexicaine sera d'abord payé par les Américains

À deux semaines de son assermentation, Donald Trump reconnaît que le mur qu'il s'est engagé à ériger le long de la frontière américano-mexicaine devra d'abord être payé par les contribuables américains. Il assure toutefois que Mexico remboursera les États-Unis pour les travaux, sans indiquer comment il compte s'y prendre pour y parvenir.

Dans un tweet publié vendredi, le président élu a réagi avec sa virulence coutumière à des nouvelles portant sur les discussions que son équipe de transition mène avec les républicains du Congrès pour financer la construction du mur sur une distance de quelque 3200 kilomètres.

Selon plusieurs sources, les deux parties étudient la possibilité d’aller de l’avant en s’appuyant sur une loi existante – la Secure Fence Act de 2006 – qui donnait l'autorisation de clôturer et de mettre en place différents moyens technologiques de contrôle le long de la frontière. Le Congrès se contenterait de s’assurer que les fonds pour le faire soient disponibles.

« Les médias malhonnêtes ne rapportent pas que tout l’argent dépensé pour construire la Grande Muraille (dans l’intérêt de la rapidité) sera remboursé plus tard par Mexico! », a tweeté à l’aube le futur locataire de la Maison-Blanche, confirmant implicitement que les contribuables américains devront payer le tout, jusqu’à nouvel ordre.

Kellyanne Conway, sa principale conseillère, a déclaré peu après que le président élu ne reviendrait pas sur sa promesse.

De notre point de vue, rien n'a changé. C'est le Congrès qui examine différentes options pour le financement du mur.

Kellyanne Conway

La construction de ce mur a été une idée phare de la campagne de M. Trump, qui la présente comme un moyen de contrer l’immigration illégale aux États-Unis. Il a comparé le projet à la Grande Muraille de Chine, construite pour empêcher les invasions mongoles.

Dès le lancement de sa campagne à la présidence, en juin 2015, M. Trump s'en était violemment pris aux immigrants mexicains, qu'il a assimilés à une bande de dangereux criminels. « Quand le Mexique envoie ses gens, ils n'envoient pas les meilleurs », avait-il lancé. « Ils envoient des gens qui ont beaucoup de problèmes, et ils amènent ces problèmes avec eux. Ils amènent de la drogue. Ils amènent des crimes. Ce sont des violeurs », avait-il dit.

Lors de ses rassemblements politiques, M. Trump chauffait ses partisans avec cette promesse de construire un mur. Quand ces derniers scandaient : « construisez le mur! », il leur lançait : « Et qui va payer ça? »; « Mexico », répondaient-ils avec le plus grand enthousiasme.

M. Trump a souvent affirmé que ce mur serait fait de béton et d’armatures de métal, qu’il serait très haut, et qu’il comprendrait « une belle et magnifique porte » pour permettre aux migrants légaux d’entrer aux États-Unis. Il n’a cependant jamais précisé comment il allait convaincre le Mexique de régler la facture.

Après avoir rencontré M. Trump en septembre dernier, le président mexicain Peña Nieto a assuré avoir clairement dit à M. Trump que « Mexico ne paiera jamais pour un mur »; le candidat républicain avait plutôt soutenu avoir abordé le sujet du mur, mais pas son paiement. « Ce sera pour plus tard », avait-il dit.

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