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Trump contredit son chef de cabinet au sujet du mur

Dans une série de tweets publiés tôt jeudi matin, le président américain Donald Trump assure qu'il n'a nullement changé d'avis au sujet de la construction d'un mur le long de la frontière mexicaine, contredisant du coup des propos de son chef de cabinet, John Kelly.

« Le mur est le mur. Ça n’a jamais changé ni évolué depuis le premier jour où je l’ai imaginé. Par nécessité, on pourra voir à travers certaines portions et il n’a jamais été prévu qu’il soit érigé dans des zones où il y des protections naturelles », a écrit le président.

« Le mur sera payé, directement ou indirectement, ou par des remboursements à long terme, par le Mexique, qui a un surplus commercial ridicule de 71 milliards de dollars avec les États-Unis », a-t-il poursuivi.

Le président Trump en a rajouté une heure plus tard, en indiquant dans un troisième tweet que le mur est « nécessaire » pour la sécurité des États-Unis, car il endiguera « l’afflux de drogues » en provenance du Mexique.

« S’il n’y a pas de mur, il n’y a pas d’accord », a-t-il conclu, dans une allusion aux difficiles tractations visant à sauver le programme DACA [Deferred Action for Childhood Arrivals] qui oppose les républicains et les démocrates au Congrès.

Vers une fermeture du gouvernement fédéral?

Le président Trump a annoncé cet automne la fin de ce programme protégeant des clandestins arrivés aux États-Unis avec leurs parents alors qu'ils n'étaient que des enfants, mais a donné six mois aux élus du Congrès pour trouver une solution.

Les républicains disent être disposés à maintenir le programme, défendu ardemment par les démocrates, en échange d’investissements dans des mesures visant à accroître la sécurité à la frontière, dont le mur souhaité par M. Trump.

L’impact de ces négociations dépasse toutefois grandement la seule question des « Dreamers » : des démocrates exigent qu’une entente soit conclue à ce sujet avant d'approuver une rallonge budgétaire permettant à l'administration fédérale de fonctionner.

À défaut d’une telle rallonge, toutes les agences fédérales devront cesser leurs opérations dès samedi.

La position de Trump sur le mur a « évolué », selon Kelly

Les commentaires de M. Trump ont été écrits quelques heures à peine après que son chef de cabinet, John Kelly, eut affirmé que la position de son patron sur le mur avait « évolué » depuis sa campagne électorale.

« Le président, si vous avez vu ce qu’il a fait, a changé sa façon de voir un certain nombre de choses », a déclaré M. Kelly à Fox News, tout en assurant que M. Trump voulait toujours construire un mur sur des centaines de kilomètres.

M. Kelly, réputé pour avoir remis un peu d’ordre dans une Maison-Blanche considérée comme chaotique depuis l’arrivée au pouvoir de M. Trump, a accordé cette entrevue après des révélations faites un peu plus tôt par le Washington Post.

Des élus démocrates cités par le grand quotidien affirmaient que M. Kelly avait admis que le président Trump avait été « mal informé » lorsqu’il s’était engagé à construire ce mur lors de la campagne présidentielle de 2016.

Dans son entrevue à Fox, réseau de prédilection de M. Trump, M. Kelly n’a pas nié ces propos, mais a tenté d’atténuer leur portée.

« Faire campagne et gouverner sont deux choses très différentes. Et ce président a été très, très flexible en ce qui concerne ce qui est du domaine du possible », a dit M. Kelly à Fox News.

M. Kelly a réitéré que M. Trump souhaitait obtenir 20 milliards de dollars pour financer la construction d’un mur sur 1126 kilomètres à la frontière mexicaine en échange de son approbation à un renouvellement du programme DACA.

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