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Trump dit ne pas avoir le choix de séparer les familles de migrants illégaux

Donald Trump reconnaît que les États-Unis doivent cesser de séparer les enfants des parents interceptés par les forces de l'ordre après avoir franchi illégalement la frontière américano-mexicaine, mais continue de blâmer les démocrates pour la situation actuelle, tout en mettant de la pression sur la Chambre des représentants à majorité républicaine.

« Il faut se tenir debout pour quelque chose. Il faut se tenir debout pour la sécurité de notre pays », a-t-il lancé à l’intention de ces derniers, mardi midi, lors d’un discours prononcé devant des gens d’affaires à Washington. « On ne peut laisser les gens affluer [à la frontière]. Il faut qu’ils passent par le processus. »

« Nous devons cesser la séparation des familles », a-t-il ensuite admis dans la foulée. « Mais que ce soit politiquement correct ou non, nous avons un pays qui a besoin de sécurité […] qui doit être protégé », a-t-il immédiatement ajouté, toujours à l’intention des démocrates.

Les républicains également sous pression

En début de soirée, lors d’une rencontre attendue avec les républicains de la Chambre des représentants, le président américain a exprimé son appui aux deux projets de loi sur l'immigration de la Chambre permettant entre autres de construire le mur, d’en finir avec les échappatoires juridiques et d'annuler la loterie d'immigration, a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche, Raj Shah. M. Trump a signifié aux républicains qu'ils devaient absolument adopter un projet de loi sur l'immigration.

Le whip de la majorité à la Chambre, Steve Scalise, a déclaré qu’il comptait recueillir des appuis, mardi soir, pour le projet de loi de compromis de la Chambre, la proposition en matière d'immigration considérée comme la plus modérée des deux qui doivent être soumises au vote cette semaine. M. Scalise estime que le projet de compromis a plus de chances d'être adopté.

Le président tient à ce que tout projet de loi comprenne des mesures permettant de financer la construction d'un mur à la frontière. Ce mur, il le promet à ses partisans depuis qu’il a lancé sa campagne présidentielle en 2016. Or, les démocrates, qui peuvent bloquer des projets de loi au Sénat, s’objectent à sa construction.

Donald Trump soutient pour sa part que les démocrates s'objectent aux projets concoctés par les républicains parce qu'ils croient que les migrants qui franchissent la frontière sont susceptibles de voter pour eux au bout du compte.

Le représentant démocrate Steny Hoyer a répliqué qu'aucun membre de son parti n'appuyait la mesure législative parce qu'il s'agit d'une « loi épouvantable ». « Tous ces mensonges sur la raison pour laquelle ces enfants sont séparés de leurs parents... Ils sont séparés parce que le président des États-Unis l'a ordonné », a lancé M. Hoyer.

Depuis la fin de la semaine dernière, la question de la séparation des enfants de leurs parents, une politique décidée par l’administration Trump et mise en œuvre depuis le mois d’avril, soulève les passions et fait l’objet d’une couverture étendue par les médias américains. La diffusion par ProPublica d’extraits audio d’enfants pleurant après avoir été séparés de leurs parents, des extraits qui sont devenus viraux sur les réseaux sociaux, semble avoir rendu la recherche d’une solution encore plus pressante.

Dans son discours devant la National Federation of Independent Business, le président Trump a allégué qu’il n’a que deux options à l’heure actuelle : soit il ouvre les frontières, soit il sépare les enfants des migrants entrés illégalement aux États-Unis. Cela explique, a-t-il dit, pourquoi il demande au Congrès d’adopter une « troisième voie » : celle de pouvoir détenir les familles ensemble.

Nouvelle façon de faire avec les républicains

En raison du mot d’ordre donné en avril par le secrétaire américain à la Justice, Jeff Sessions, les migrants qui franchissent la frontière illégalement sont réputés avoir commis un acte criminel et sont incarcérés en conséquence. Leurs enfants leur sont toutefois retirés, car la loi américaine interdit leur emprisonnement.

Sous l’administration Obama, ces migrants ont le plus souvent bénéficié d’une approche baptisée « catch and release » (attraper et relâcher), en vertu de laquelle ils étaient libérés en échange d’une promesse de comparaître devant les autorités de l’immigration et à condition de n'être soupçonnés d’aucun crime grave.

L'administration Trump affirme cependant depuis le début de cette crise qu'elle ne fait qu'appliquer la loi telle qu'elle est écrite, et qu'il revient au Congrès de la modifier.

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