Donald Trump a tressé samedi des lauriers à la CIA, l'Agence centrale du renseignement qu'il a dit soutenir à 100 % après l'avoir vivement critiquée pour avoir conclu à une ingérence de la Russie dans la campagne électorale 2016.

Le milliardaire, qui dénonçait il y a 10 jours à peine les « pratiques nazies » de la CIA, a affiché son soutien aux agents en se rendant au siège de Langley, en Virginie.

« Très, très peu de gens pourraient faire le travail que vous faites et je veux que vous sachiez que je suis derrière vous », a déclaré Donald Trump sous les applaudissements.

Au lendemain de son investiture, le 45e président des États-Unis n'a pas fait allusion à la Russie dans son discours d'une quinzaine de minutes et déclaré que la lutte contre le « terrorisme radical islamique » serait la priorité de la CIA.

Il a affirmé que ses désaccords avec les agences de renseignement avaient été inventés par les médias et déclaré que les journalistes figuraient « parmi les êtres humains les plus malhonnêtes sur terre ».

Donald Trump a également évoqué les images de télévision et les photos de foules rassemblées vendredi pour la cérémonie d'investiture sur le National Mall à Washington, suggérant qu'elles avaient été façonnées pour tromper l'opinion et que le nombre de participants était bien plus élevé que ce qu'en avaient montré les médias.

Avant d'être investi à la présidence, Donald Trump s'en est vivement pris aux agences de renseignement après qu'elles ont conclu que des hackers avaient, sur instruction probable du président russe Vladimir Poutine, piraté les messageries du Parti démocrate pour chercher à favoriser le milliardaire pendant la campagne électorale.

Inquiétudes

À quelques jours encore de son investiture, il les a accusées de « pratiques nazies », estimant qu'elles étaient à l'origine de fuites parues dans la presse selon lesquelles la Russie disposerait d'informations compromettantes le concernant.

Le directeur sortant de la CIA, John Brennan, a conseillé ensuite à Donald Trump de faire attention à ce qu'il dit, en particulier lorsqu'il s'agit de la Russie.

D'anciens responsables des « services » estiment qu'il faudra du temps pour panser les blessures infligées et soulignent l'inquiétude, largement partagée au sein des 17 agences américaines de renseignement, quant aux compétences de Donald Trump, magnat de l'immobilier et ex-animateur de télé-réalité qui n'a jamais exercé de fonction publique.

« Beaucoup de gens se demandent si on pourra servir sous un président et un conseiller à la sécurité nationale qui ont fait preuve d'un tel mépris à l'égard de la communauté du renseignement. Ce n'est pas une séance de photos pour la presse un samedi qui changera cela », a déclaré un agent de la CIA, qui travaille au siège après de multiples missions à l'étranger.

Ancien directeur adjoint de la CIA, Michael Morell a salué un « geste important et positif ». Mais, a-t-il ajouté, le « vrai test de la relation entre le président et sa plus importante agence de renseignements dépendra de l'ouverture qu'il manifestera sur ce que la CIA a à dire sur ce qu'il se passe dans le monde. »

Donald Trump avait initialement prévu de se rendre à Langley pour y investir Mike Pompeo à la tête de l'Agence, mais le Sénat n'a pas encore confirmé sa nomination. Le vote est prévu lundi.

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