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Trump est « moralement inapte » à être président, soutient James Comey

Dans sa première entrevue depuis qu'il a été congédié par Donald Trump, l'an dernier, l'ex-directeur du FBI James Comey soutient que Trump est « moralement inapte à être président ».

« Une personne qui parle et traite les femmes comme si elles étaient un morceau de viande, qui ment constamment sur des sujets majeurs ou mineurs et affirme que le peuple américain le croit, cette personne-là n'est pas apte, sur des bases morales, à être président des États-Unis. Et ce n'est pas une déclaration politique », a-t-il dit à George Stephanopoulos, sur les ondes d'ABC.

Au cours de cette entrevue, l’ex-directeur du FBI est revenu sur sa première rencontre avec Trump, en janvier 2017.

Il était sur le point de lui parler d’allégations selon lesquelles il aurait été vu avec des prostituées russes à Moscou lors d’une visite pour le concours Miss Univers en 2013 et que cela avait été filmé, a-t-il expliqué.

« J’avais un effet de levier sur lui », a-t-il dit, précisant qu’il avait demandé à ses collègues du FBI de sortir du bureau situé dans la tour Trump, à New York.

Au cours de cet échange, James Comey a rappelé que Donald Trump a énuméré des gens qui l’ont accusé d’attouchement ou de comportement sexuel déplacé.

La première question de Donald Trump visait à confirmer que les allégations présentées par James Comey n’avaient eu aucun impact sur le résultat de l’élection de novembre 2016.

« À ma surprise, la conversation s’est déplacée sur le terrain des relations publiques. Le président se demandait comment l’équipe Trump se positionnerait par rapport à ces allégations », a-t-il confié à George Stephanopoulos.

Cette entrevue était accordée à l’occasion du lancement du livre A Higher Loyalty, dans lequel l’ex-directeur du FBI compare le président américain à un chef de clan mafieux.

Questionné à savoir si un ou des membres de l’entourage de Donald Trump avaient été de mèche avec les Russes lors de l’élection présidentielle de novembre 2016, James Comey a répondu qu’il ne le sait pas.

« C’est ce qu’on essayait d’enquêter à ce moment. Est-ce que quelqu’un aidait les Russes ou conspirait avec eux? Il n’y a pas de doute qu’il y avait de la fumée autour de cela. Mais je ne suis pas resté en poste assez longtemps pour le savoir », a-t-il ajouté.

Un président irrité par les propos de Comey

Donald Trump a réagi dans une série de tweets irrités, dimanche matin.

« Le fuyant James Comey, un homme qui finit toujours mal et détraqué (il n'est pas intelligent!), restera comme LE PIRE directeur de l'histoire du FBI, de loin! », a-t-il écrit sur son réseau social de prédilection.

Vendredi, Donald Trump s'en était violemment pris au policier d'expérience, le qualifiant d'« ordure » et de « menteur » en réaction à la diffusion d'extraits de son livre.

James Comey soutient qu’il n’a pas voté lors des élections de novembre 2016.

« Je suis le directeur du FBI [à ce moment], j’essaie d’être à l’extérieur de la politique. Je ne devais pas choisir un candidat », a-t-il indiqué.

Il n’a pas caché qu’il avait été surpris de voir Donald Trump gagner.

James Comey a également déclaré que sa décision d'annoncer que le FBI allait rouvrir l'enquête sur la manière dont Mme Clinton avait illégalement utilisé un serveur privé de courriels lorsqu'elle était secrétaire d'État, 11 jours avant l'élection, avait été motivée par la volonté de faire en sorte que l'élection attendue de la candidate démocrate soit perçue comme légitime par le public.

« Je ne me souviens pas d'avoir pensé cela consciemment, mais cela a dû être le cas, parce que je fonctionnais dans un monde où Hillary Clinton allait battre Donald Trump, et donc je suis sûr que ça a été un facteur », a dit l'ancien chef du FBI.

Une semaine chargée

L'avocat personnel de Donald Trump, Michael Cohen, comparaîtra lundi en cour fédérale relativement à une perquisition effectuée dans ses bureaux la semaine dernière.

Cette saisie, qui a été effectuée le 9 avril, serait liée entre autres au versement de 130 000 $ effectué par Michael Cohen à l'actrice de films pornographiques Stormy Daniels pour qu'elle taise une relation sexuelle supposée avec Donald Trump, selon plusieurs médias américains.

Le président des États-Unis avait qualifié de « honte » cette perquisition, estimant qu'il s'agissait d'une « attaque contre [son] pays ».

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