Donald Trump et Hillary Clinton ne seront pas faciles à arrêter. Leurs victoires d'hier dans plusieurs États les placent confortablement dans la position de meneurs.

Christian Latreille

  Un texte de Christian Latreille
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Trump a gagné la Floride haut la main. Marco Rubio, un des sénateurs de l'État en qui l'establishment républicain avait tant misé pour stopper Trump, a dû quitter la course. Il est un jeune politicien talentueux que l'on reverra sûrement.

Cependant, l'Ohio, l'autre prix important de la soirée, a échappé au milliardaire new-yorkais. C'est le gouverneur de l'État, John Kasich, qui a remporté sa première victoire de cette saison des primaires. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps, comme le veut le vieux dicton. Et Kasich, malgré son expérience et son sérieux, ne pourra pas mathématiquement obtenir une majorité de délégués.

Comment stopper Trump?

Seul le sénateur du Texas, Ted Cruz, pourrait encore devancer Trump, mais il doit remporter plus de 80 % des délégués d'ici la fin des primaires. Une tâche titanesque, voire impossible. Une des seules façons de freiner l'élan de Donald Trump, comme le souhaite la direction du parti, serait de convaincre ses délégués de voter contre lui lors d'un deuxième tour à la convention de Cleveland cet été. Un stratagème qui provoquerait la colère de ses partisans et diviserait le parti encore plus.

Hillary sur une lancée

Pour sa part, Hillary Clinton est revenue avec force, mardi soir, après la frousse causée par sa défaite au Michigan, la semaine dernière. En gagnant les délégués de la Floride, de l'Ohio, de l'Illinois, de la Caroline du Nord et du Missouri, elle envoie le message à Bernie Sanders que le temps commence à jouer contre lui. Malgré cette difficile soirée, le sénateur du Vermont continue de soulever ses jeunes partisans qui boivent encore ses paroles sur les inégalités sociales aux États-Unis.

Cette deuxième version du super mardi consolide donc l'avance de Clinton et de Trump. Ils se dirigent lentement, mais sûrement, vers l'investiture de leur parti respectif. Voici les chiffres magiques à atteindre : 1237 délégués pour Trump et 2383 pour Clinton. Ces nombres représentent la majorité nécessaire pour sécuriser leur investiture avant les conventions de juillet.

Le républicain a jusqu'à maintenant récolté 640 délégués. Il lui en reste 597 pour asseoir sa victoire. La démocrate a obtenu, pour sa part, 1568 délégués. Il lui en manque donc 815. Cette mathématique laborieuse est obligatoire pour bien comprendre que ce ne sont pas des États qui sont en jeux, mais bien des délégués qui voteront aux conventions.

Est-ce que l'on peut en conclure pour autant que l'élection présidentielle se disputera entre Hillary Clinton et Donald Trump? Les paris sont ouverts. Et ceux qui souhaitent miser sur ces deux candidats ont de plus en plus de chances de gagner leur pari. Mais cette campagne électorale américaine est, depuis le début, si imprévisible et pleine de rebondissements qu'il serait plus prudent, pour l'instant, d'attendre encore un peu avant de parier sur qui que ce soit.

Clinton ou Trump? Même s'ils sont choisis par leur parti, ils demeurent les mal-aimés de la politique américaine. Les derniers sondages indiquent que, pour la première fois de l'histoire des États-Unis, une majorité d'Américains ont une opinion défavorable de ces candidats à l'investiture. Drôle de campagne.

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