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Trump et Duterte ignorent les questions des journalistes sur les droits de l’homme

Le président américain Donald Trump aurait « brièvement » abordé la question des droits de l'homme avec son homologue philippin Rodrigo Duterte, qui mène une guerre sanglante contre la drogue au pays, lors d'une rencontre lundi en marge du Sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE).

Selon la Maison-Blanche, le sujet aurait été évoqué, mais la rencontre entre les deux dirigeants aurait davantage porté sur la lutte contre le groupe armé État islamique, les drogues illégales et le commerce.La question des droits de l’homme aurait été « brièvement » mentionnée au cours de la rencontre de 40 minutes, lors de discussions portant sur la guerre qu’a orchestrée le président Duterte contre les stupéfiants, a indiqué la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders.À l’issue de cet entretien, Harry Roque, le porte-parole de l’homme fort de Manille, a pourtant assuré que « la question des droits de l’homme n’avait pas été soulevée ».« Il s’agissait plutôt d’une longue discussion concernant les efforts des Philippines dans la guerre contre la drogue, où le président Duterte a pris davantage la parole », a-t-il précisé.Bonne ententeTout sourire, le président américain et son homologue philippin, âgés respectivement de 71 et 72 ans, n’ont pas caché leur complicité devant les journalistes, peu de temps avant leur tête-à-tête.« Nous avons de très bonnes relations », a assuré Donald Trump, saluant l’hospitalité de son hôte et la température clémente de Manille.Avares de commentaires, les deux dirigeants ont ignoré les questions des journalistes portant sur les droits de l’homme et ont même plaisanté en qualifiant les médias « d’espions ».La rencontre entre Trump et Duterte vient changer la donne en matière de relations diplomatiques entre les deux pays. Lors du précédent sommet de l’ANASE, l’an dernier, Barack Obama avait choisi d’annuler son entretien avec le président philippin, après que ce dernier l’eut qualifié de « fils de pute ».« Les relations semblent cordiales et amicales [entre Trump et Duterte] », a indiqué le porte-parole du président des Philippines.

« Il est clair qu’ils ont en commun une personne qu'ils ne portent pas dans leur coeur. Tous deux éprouvent des sentiments similaires pour l’ancien président américain Barack Obama », a-t-il ajouté.

Un « travail remarquable », selon Trump

Rodrigo Duterte n’est pas le premier à recevoir les éloges du président américain.De la même façon qu’il a courtisé le roi Salmane d’Arabie saoudite, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi et le président russe Vladimir Poutine, Donald Trump veut s’attirer les bonnes grâces d’un autre dirigeant controversé.« Trump semble très à l'aise aux côtés de ces hommes forts », a déclaré Mike Chinoy, membre éminent du U.S.-China Institute à l’Université de Californie du Sud, avant la rencontre.

La violence utilisée pour réprimer les réseaux de stupéfiants au pays ne semble toutefois pas froisser le président américain.

Donald Trump a par ailleurs déjà salué la lutte menée par Duterte lors d’un entretien téléphonique en mai dernier.« Je voulais simplement te féliciter, j’ai entendu parler de ton travail remarquable au sujet de ce problème de drogue », avait confié le président américain à son homologue philippin lors de cet entretien.

Le président philippin est vertement critiqué par la communauté internationale pour sa « guerre contre la drogue », qui a déjà fait plus de 3000 morts, pour la plupart des consommateurs et des vendeurs de stupéfiants.

Des organismes militant pour les droits de l’homme estiment plutôt que le nombre total de victimes est beaucoup plus élevé, et qu'il frôle les 9000 morts.

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