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Trump et l'immigration clandestine au coeur du Sommet de l'Union européenne

Réunis pour la première fois depuis l'élection de Donald Trump, des dirigeants européens ont réagi à Malte aux déclarations du nouveau président des États-Unis, en plus d'aborder la question de la fermeture de la route migratoire de la Méditerranée, dont la Libye est un pôle essentiel.

Selon le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui est très critique à l'égard du nouvel ordre mondial promu par Washington, les relations avec les États-Unis restent « la plus haute priorité politique » de l'Union européenne. M. Tusk considère que la situation actuelle ne laisse « aucune autre option » à l'Union européenne (UE) que de « regagner confiance en sa propre force ».

Ces propos ont été en partie repris par la chancelière allemande, Angela Merkel. Cette dernière a déclaré que l'Europe devait tenir son destin en main. « Plus nous définirons clairement notre rôle dans le monde, mieux nous gérerons nos relations transatlantiques », a-t-elle dit.

La Libye à l’ordre du jour

L’Europe veut également mettre de l’avant de nouveaux moyens pour fermer la route migratoire de Méditerranée centrale, actuellement la principale porte d'entrée pour les migrants clandestins dans l'Union européenne.

Les dirigeants de l’UE ont ainsi fixé 10 priorités pour contrer cette migration, qui concernent principalement la Libye, d'où partent 90 % des migrants qui tentent de rejoindre l'Italie.

Ils suggèrent notamment d’aider ce pays d’Afrique du Nord à lutter contre les passeurs, à sécuriser ses frontières et à assurer des conditions décentes aux migrants bloqués dans la région.

L’Europe compte par ailleurs chercher la collaboration des tribus nomades établies dans le sud de la Libye.

« Il y a aussi maintenant un engagement direct avec les tribus dans le sud de la Libye, qui ont jusqu'à présent collaboré avec les trafiquants et gagné entre 5 et 6 millions d'euros par semaine grâce à cela », a indiqué le premier ministre maltais, Joseph Muscat, sans donner plus de détails.

Selon plusieurs experts, il est impossible de réduire les flux de migrants entrant dans le sud de la Libye en provenance du Sahel sans le concours de ces tribus, qui contrôlent une grande partie des voies d'accès dans le sud libyen.

Malgré un consensus sur l'aide à apporter à la Libye, les discussions sur le sujet ayant été plus courtes que ne le prévoyait l'ordre du jour, l'ampleur de la tâche reste grande dans ce pays en proie au chaos depuis depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

L’Italie particulièrement concernée

L'Italie et la Libye ont par ailleurs déjà signé jeudi à Rome un accord prévoyant fournir des moyens financiers et matériels pour la création de camps pour accueillir les migrants et les inciter à retourner dans leurs pays lorsqu'ils ne peuvent prétendre au statut de réfugié, ainsi que pour renforcer les moyens des gardes-côte libyens.

Cet accord est vu d’un mauvais œil par de nombreuses ONG, qui redoutent les mauvais traitements que subissent les migrants en Libye. Ceux qui ont fui ce pays ont souvent témoigné avoir été victimes de tortures ou de violences, et de viols pour ce qui est des femmes.

« Cela revient à dire qu'on va les renvoyer vers une situation infernale », s'est inquiété Médecins sans frontières.

Donald Tusk s’est toutefois empressé de les rassurer, affirmant que le plan européen serait mis en oeuvre dans le « respect total des droits de l'homme ».

Selon l'ONU, seulement depuis le début de l'année, 7000 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes, et au moins 227 autres sont morts ou ont disparu en janvier au large de la Libye.

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