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Trump fait volte-face et adopte le principe de la « Chine unique »

Le président américain Donald Trump a assuré jeudi soir à son homologue chinois Xi Jinping qu'il respectera le principe de la « Chine unique » qu'il avait pourtant ouvertement mis en doute dans les semaines suivant son élection.

Cette assurance a été livrée lors d’une conversation téléphonique entre les deux hommes, leur première depuis le 14 novembre dernier, alors que M. Trump n’était pas encore en fonction.

En janvier, M. Trump avait déclaré au Wall Street Journal que« tout était sur la table, y compris la Chine unique » en ce qui concerne les relations avec Pékin, qu’il a abondamment critiqué lors de sa campagne électorale, pour ses politiques monétaires, commerciales et militaires.

Ce principe, adopté par Washington en 1979 et respecté par toutes les administrations présidentielles depuis, n'est « pas négociable », avait alors rétorqué Pékin, qui considère Taïwan comme une province rebelle et qui refuse de voir l'île accéder à l'indépendance.

M. Trump avait préalablement irrité la Chine en acceptant, début décembre, un appel téléphonique de la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, alors que le principe de la « Chine unique » interdit tout contact diplomatique officiel entre Washington et Taïpei. M. Trump avait répliqué qu’il ne sentait pas lié par cette politique.

Selon un communiqué publié jeudi soir par la Maison-Blanche, MM. Trump et Xi ont discuté de « nombreux sujets » lors de leur conversation « extrêmement cordiale » et le président américain « a accepté, à la demande du président Xi, de respecter le principe d'une seule Chine ».

À la télévision publique chinoise, Xi Jinping a affirmé avoir été sensible à l'engagement pris par le président américain. « Je crois que les États-Unis et la Chine sont des partenaires qui coopèrent et que nous pourrons, grâce à des efforts conjoints, améliorer nos relations à un niveau inédit ».

« Le développement de la Chine et des États-Unis peuvent absolument être complémentaires et avancer de concert. Les deux parties peuvent absolument devenir de très bons partenaires de coopération », a ajouté le président.

« Xi Jinping salue la réaffirmation par M. Trump de l'adhésion du gouvernement américain au principe de la Chine unique », a aussi réagi vendredi le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué. « Les deux chefs d'État (...) ont hâte de se rencontrer le plus tôt possible », a-t-il ajouté.

Selon Pékin, les deux hommes ont aussi parlé d’économie, de commerce, de science, d’énergie, de communications et, plus généralement, de la stabilité mondiale.

Le gouvernement taïwanais a dit « très bien comprendre » la position des États-Unis et leur politique en Asie, a déclaré un porte-parole de la présidence dans un communiqué publié vendredi. « Nous exprimons notre gratitude envers l'administration américaine [...] pour avoir réitéré son soutien à Taïwan en de maintes occasions. »

La Maison-Blanche avait annoncé mercredi que Donald Trump avait envoyé à Xi Jinping, à l'occasion du Nouvel an chinois, une lettre dans laquelle il souhaitait une « relation constructive » entre les deux pays.

Selon le New York Times, cette volte-face de M. Trump ne serait pas étrangère à son secrétaire d’État, Rex Tillerson. Témoignant devant le Sénat lors d’audiences visant à confirmer sa nomination, ce dernier s’était engagé à respecter le principe de la « Chine unique ».

Le nouveau chef de la diplomatie américaine avait spécifiquement rejeté que le statut de Taïwan puisse être utilisé comme monnaie d’échange dans le cadre de négociations plus globales entre les deux géants de l’économie mondiale.

Le quotidien soutient en outre que le conseiller à la sécurité nationale de M. Trump, Michael Flynn, tentait depuis quelques jours de rétablir les relations entre MM. Trump et Xi. Il avait discuté avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, vendredi dernier, et est lui-même allé porter la lettre de bons vœux du Nouvel An chinois à l’ambassadeur chinois à Washington, mercredi.

Taïwan est coupée politiquement du reste de la Chine depuis que les nationalistes de Tchang Kaï-chek s’y sont réfugiés après avoir perdu la guerre civile chinoise en 1949 aux mains des communistes.

Le territoire se gouverne seul, mais n'est pas reconnu par l'ONU. Les États-Unis demeurent son principal allié, malgré le principe de la « Chine unique ». Une loi du Congrès oblige l’administration à participer à la défense de l’île.

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