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Trump installe un climatosceptique à la tête de l'Agence de protection de l'environnement

Le climatosceptique Scott Pruitt sera nommé à la tête de l'Agence de protection de l'environnement américaine (EPA) par le futur président Donald Trump, a indiqué son équipe de transition.

Procureur général de l'Oklahoma, un État dont l’économie dépend en grande partie des activités pétrolières, Scott Pruitt s’est toujours opposé aux directives de l’EPA.

Ardent défenseur du droit des États contre l’ingérence du gouvernement fédéral, M. Pruitt a mené de multiples poursuites judiciaires contre le plan climat de l'administration de Barack Obama, notamment contre le Clean Power Act.

Le programme, qui dépend des règles imposées par l’EPA, avait été lancé par le président sortant pour faire en sorte que les centrales thermiques réduisent leurs émissions de CO2.

En plus de créer en Oklahoma une équipe désignée uniquement pour combattre les nouvelles directives environnementales de l’administration Obama, Scott Pruitt est également l’un des instigateurs d’une poursuite engagée contre ces mêmes règles, conjointement par 28 États et des centaines de compagnies et de groupes industriels.

Une décision d’une cour fédérale concernant cette dernière poursuite est toujours attendue, mais on s’attend à ce que l’affaire se rende en Cour suprême.

Lors de la campagne électorale, Donald Trump a plus d’une fois menacé de démanteler l’EPA. Il lui serait impossible d’annuler complètement toutes les règles régissant les émissions de CO2, dont certaines ont été mises en place en 1970 avec le Clean Air Act, mais l’arrivée de Scott Pruitt à la tête de l’EPA pourrait lui permettre de les alléger significativement.

D’ailleurs, dans un communiqué publié par ses services, le futur président explique que « depuis trop longtemps l'Agence de protection de l'environnement dépense l'argent des contribuables sur un programme antiénergie débridé qui a détruit des millions d'emplois, tout en nuisant à nos incroyables fermiers et à bien d'autres métiers et industries ».

De son côté, Scott Pruitt s'engage à diriger l'agence « de manière à faciliter à la fois la protection de l'environnement et la liberté d'agir des entreprises américaines ».

Un ami des pétrolières

Scott Pruitt ne s’est jamais caché de défendre l’intérêt des pétrolières et de travailler avec elles pour combattre les lois environnementales.

C’est le travail d’un procureur général de défendre les intérêts et le bien-être de ces citoyens. Cela inclut de protéger l’économie de l’Oklahoma des périlleuses décisions du fédéral, orchestrées par des agences comme l’EPA. Le secteur de l’énergie est un acteur majeur de l’économie de l’Oklahoma.

Bureau de Scott Pruitt au New York Times en 2014

Malgré son empathie pour les citoyens de l’Oklahoma, ses prises de position ont permis à Scott Pruitt de profiter des largesses de la filière énergétique.

Ses campagnes électorales ont été financées par plus d’un joueur de l’industrie. Harold G. Hamm, le directeur général de la Continental Energy, une compagnie pétrolière et gazière de l’Oklahoma, a même été coprésident de sa campagne électorale en 2013, où M. Pruitt a été réélu pour une deuxième fois.

Climatosceptique

Le procureur général partage les opinions du futur président républicain sur l'influence qu’a l’humanité sur le réchauffement climatique.

Plus tôt cette année, il avait écrit dans le magazine conservateur National Review que « les scientifiques continuent à être en désaccord sur le degré et l’étendue du réchauffement climatique et sur son lien avec l’activité humaine ».

Selon lui, le débat sur le sujet doit être encouragé, « dans les salles de classe, les débats publics et au Congrès ».

Pour sa part, durant la campagne présidentielle, Donald Trump a nié l'existence du changement climatique, allant jusqu'à dire que le réchauffement climatique était un « canular » inventé par la Chine pour affaiblir l'économie américaine, affirmation qu'il a nuancée quelque peu, une fois élu.

Bernie Sanders contre cette nomination

Suite à l’annonce de cette nomination, le candidat à la primaire démocrate défait et sénateur du Vermont Bernie Sanders a rapidement signalé son opposition à celle-ci.

« Au moment où les changements climatiques sont les un des grands dangers qui menacent la planète entière, il est triste et dangereux que M. Trump ait nommé Scott Pruitt à la tête de l’EPA. Les Américains doivent demander des chefs de file qui sont prêts à éliminer l’utilisation des énergies fossiles », a-t-il déclaré.

« Je m’opposerai vigoureusement à cette nomination », a conclu M. Sanders.

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