Donald Trump a l'art de nous divertir, et surtout, de faire diversion sur des enjeux majeurs.

Une analyse de Christian Latreille

Ainsi, moins d’une semaine après son assermentation, il a muselé les scientifiques des agences fédérales, réaffirmé qu’il croyait à l’efficacité de la torture, fermé la page Internet de l’Agence de protection de l'environnement sur le réchauffement climatique et éliminé une mesure permettant aux propriétaires à faible revenu de payer moins cher l’assurance.

Mais ces décisions importantes passent sous le radar des médias américains, car, pendant ce temps, c’est la colère du président au sujet de la taille de la foule à son assermentation de vendredi qui fait la manchette, jour après jour.

Le nouveau président des États-Unis semble avoir mis en place une stratégie qui s’apparente à une téléréalité.

Un tweet, une déclaration incendiaire, une fausseté, une montée de lait, le chef de la Maison-Blanche occupe tout l’espace médiatique pour contrôler le message.

Il est devenu un produit, une marque de commerce, une infopub qui transmet souvent de fausses informations.

Ajoutons à cela que Donald Trump, qui ne digère pas le succès d’Hillary Clinton en termes de vote populaire, croit toujours que des millions de personnes ont voté illégalement le 8 novembre, et ce, même les républicains sont d’avis qu’aucune preuve ne vient démontrer cette fraude massive.

Nous sommes ici en présence d’un président qui fait non seulement très peu de cas des faits, mais qui manque aussi de respect envers ses services de renseignement.

Pensons à cette scène, samedi dernier, à la CIA, où il a, durant de longues minutes, critiqué devant la presse ceux qui risquent leur vie tous les jours pour leur pays, en insultant plusieurs au passage, dont le directeur sortant de l’agence John Brennan.

Donald Trump a, par ailleurs, sacrifié sur la place publique, samedi, son nouveau secrétaire de presse, Sean Spicer, lors de son premier point de presse à la Maison-Blanche.

Sean Spicer n’a pas eu le choix de transmettre toute la hargne de son patron au sujet de l’évaluation par les médias de la foule lors de son assermentation à Washington.

Donald Trump semble donc être constamment en train de divertir la galerie, de peur que les micros et les caméras ne se déplacent ailleurs que sur lui ou sur les vrais problèmes.

Et force est de constater que ça fonctionne : le monde entier et les États-Unis ne parlent que de Donald Trump depuis 18 mois.

Pendant ce temps, les Américains semblent avoir oublié que le nouveau président a promis de rendre publique sa déclaration de revenus.

Mais ça, ça peut toujours attendre encore un peu. Donald Trump trouvera sûrement d’autres occasions de détourner l’attention.

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