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Trump n'est pas blanchi dans l'enquête russe, rétorquent démocrates et républicains

De nombreux législateurs démocrates et républicains ont répliqué à Donald Trump, dimanche, en assurant que le mémo controversé publié par la Maison-Blanche ne blanchissait pas le président américain dans l'enquête sur l'ingérence russe, contrairement à ce que celui-ci prétend.

Les républicains ont pris soin d’expliquer qu’il fallait faire la part des choses entre le mémo remettant en question les méthodes du FBI et l’enquête sur l’ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016.

Samedi, Donald Trump a écrit sur son compte Twitter que la publication de ce mémo l’« innocentait complètement » dans cette affaire.

Le représentant de la Caroline du Sud, Trey Gowdy, a toutefois assuré dimanche que la publication de cette note n’avait « aucun impact sur l’enquête russe ».

Le mémo publié vendredi accuse le FBI d’avoir abusé de son pouvoir, notamment en mettant sous surveillance un ancien conseiller de Trump, Carter Page, par un ex-espion britannique. Or, selon, le républicain, le mémo n’explore qu’une infime partie des allégations portées contre l’équipe de campagne de Trump.

Le républicain Brad Wenstrup a lui aussi tenu à faire cette distinction et a rappelé que l’enquête russe devait suivre son cours.

Les deux hommes font partie de la majorité républicaine du comité de renseignement de la Maison-Blanche et ont tous deux voté pour aller de l’avant avec la publication du mémo.

Limogeage

Certains élus redoutent que le président Trump limoge le procureur spécial Robert Mueller chargé de l'enquête russe, ou son supérieur hiérarchique, le numéro 2 du ministère de la Justice, Rod Rosenstein.

Le représentant républicain Trey Gowdy a pour sa part écarté l'idée d'un limogeage de Rod Rosenstein.

« On n'a pas toujours été d'accord avec Rod Rosenstein, (mais) je continue à penser qu'il est pleinement capable d'aider à diriger un ministère de la Justice dans lequel nous aurions tous confiance », a-t-il déclaré dimanche.

Un exercice dangereux

Les démocrates ont quant à eux lancé un avertissement à Donald Trump, dimanche. Ils craignent le limogeage de hauts dirigeants du FBI, une initiative qui, selon eux, pourrait plonger les États-Unis dans une crise constitutionnelle.

« Si le président prend cette mesure extrême, je crains que cela ne déclenche une confrontation dont l’Amérique n’a pas besoin », a indiqué le sénateur Dick Durbin.

Une « belle erreur »

Pour Leon Panetta, ex-directeur de la CIA et ancien ministre de la Défense de Barack Obama, Donald Trump commettrait une « belle erreur » en écartant Robert Mueller ou Rod Rosenstein

« S'il s'en prend à eux, donnant ainsi l'impression d'entraver le processus, il se causera du tort à lui-même, à la présidence et, plus grave, au pays », a-t-il mis en garde.

Les démocrates se sont aussi empressés, samedi, de déconstruire le mémo de la Maison-Blanche, expliquant qu’il était bourré d’incongruités.

Selon Dick Durbin, « l’information, les faits racontent une autre histoire ». Les démocrates ont d’ailleurs rédigé un « contre-mémo » pour remettre les pendules à l’heure, mais celui-ci n’a toutefois pas encore été rendu public.

« L’objectif [du mémo de la Maison-Blanche] est d’ébranler le FBI, de discréditer le FBI, de discréditer l’enquête de [Robert] Mueller, d’obéir aux commandes du président », a quant à lui expliqué le représentant démocrate Adam Schiff.

Ce dernier soupçonne d’ailleurs le président du comité de renseignement de la Maison-Blanche, Devin Nunes, d’avoir rédigé le mémo de concert avec l’équipe présidentielle.

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