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Trump place ses pions sur l'échiquier diplomatique

Donald Trump a passé la journée au bout du fil, samedi : il s'est entretenu avec plusieurs dirigeants mondiaux, tantôt préoccupés par la série de décrets signés depuis son intronisation, tantôt optimistes quant à l'avenir des relations diplomatiques avec les États-Unis.

Lors d'un premier entretien téléphonique, le président français François Hollande en a profité pour mettre en garde le nouveau locataire de la Maison-Blanche contre « les conséquences économiques et politiques d'une approche protectionniste ».

Plutôt, François Hollande avait appelé l'Europe à « répondre » avec « fermeté » au président américain Donald Trump.

« Lorsqu'il y a des déclarations qui viennent du président des États-Unis sur l'Europe et lorsqu'il parle du modèle du Brexit pour d'autres pays, je crois que nous devons lui répondre », estime François Hollande, en faisant allusion à la récente rencontre entre M. Trump et la première ministre britannique, Theresa May, à Washington. Le président américain avait qualifié la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne de « chose merveilleuse ».

La lutte contre le terrorisme au cœur des échanges

Après l’avoir vertement critiquée à plusieurs reprises, allant même jusqu’à la qualifier « d’obsolète », le président américain a souligné l’importance de l’OTAN et s’est engagé auprès de la chancelière allemande, Angela Merkel, à travailler plus étroitement dans la lutte contre le terrorisme.

« Les dirigeants reconnaissent que l’OTAN doit être capable d'affronter les menaces du 21e siècle et que notre défense commune nécessite des investissements appropriés en matière militaire, de sorte que tous les alliés contribuent équitablement à notre sécurité collective », ont déclaré les deux dirigeants à l’issue d’une conversation téléphonique.

Plus tôt, le Kremlin avait révélé que le président de la Russie Vladimir Poutine et M. Trump s'étaient entendus pour travailler plus étroitement ensemble et de resserrer les liens entre les deux puissances mondiales. Il s'agissait de leur premier contact officiel entre eux depuis l'assermentation de Donald Trump.

Selon un communiqué du Kremlin, « les deux parties ont démontré leur volonté de travailler activement ensemble pour stabiliser et développer la coopération russo-américaine ».

Rassurer le Japon

Dans son marathon de conversations diplomatiques, le président Trump a également discuté avec le premier ministre japonais Shinzo Abe, qui sera accueilli à la Maison-Blanche le 10 février prochain.

Allié de longue date des États-Unis, le Japon est signataire du Partenariat transpacifique, auquel a mis fin le nouveau président américain dans les premiers jours de son mandat.

L’échange téléphonique entre les deux dirigeants a néanmoins permis à M. Trump de réaffirmer l’engagement « sans faille » des États-Unis envers le Japon.

Une conversation avec le premier ministre australien Malcolm Turnbull s'est également soldée par une déclaration similaire.

Un mur qui préoccupe

Par ailleurs, le décret ordonnant la construction immédiate d'un mur avec le Mexique signé cette semaine a continué de faire réagir à l'International, samedi.

Le président iranien Hassan Rohani a notamment déclaré que la construction de murs était une idée ancrée dans une autre époque. « Aujourd'hui, l'heure n'est pas à l'édification de murs entre les nations. Ils ont oublié que le mur de Berlin était tombé il y a des années », a-t-il déclaré à la télévision iranienne.

Le maire de Berlin, Michael Müller, avait demandé, vendredi, au président américain de renoncer à la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique. Selon lui, les Berlinois sont bien placés « pour connaître toutes les souffrances causées par la division d'un continent, cimentée par des fils de fer barbelés et du béton ».

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a pour sa part salué la construction du mur dans un message sur Twitter, faisant valoir que pareille expérience avait porté fruit en Israël.

« Le président Trump a raison. J'ai construit un mur le long de la frontière sud d'Israël. Cela a stoppé toute l'immigration illégale. Grand succès. Idée formidable », a-t-il écrit.

Le décret du nouveau président américain sur l'immigration, qui a notamment semé la confusion dans les aéroports, a aussi entraîné son lot de protestation autour de la planète.

À l'instar de plusieurs dirigeants, la première ministre britannique Theresa May a notamment fait valoir qu'elle ne partageait pas cette approche, alors que son homologue canadien, Justin Trudeau, a déclaré sur Twitter :« À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera... indépendamment de votre foi. La diversité fait notre force ».

Le gouvernement iranien pourrait quant à lui limiter le nombre de visas accordés aux touristes américains. Le ministre iranien des Affaires étrangères a indiqué qu'il mettra en pratique le principe de réciprocité jusqu'au retrait des restrictions, qu'il juge insultantes envers ses concitoyens.

Donald Trump s'entretiendra dimanche avec les dirigeants de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de la Corée du Sud.

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