Donald Trump a reçu mardi un accueil tiède à Porto Rico, où il devait constater la dévastation laissée par l'ouragan Maria, mais aussi circonscrire la polémique engendrée par les virulentes attaques qu'il avait lancées contre des élus et des sinistrés.

Le président américain a rencontré le gouverneur Ricardo Rossello et certains résidents de l’île qui vivent en grande majorité sans électricité, sans eau potable et sans carburant.

Il a aussi rencontré Carmen Yulin Cruz, la mairesse de San Juan, la capitale, qui lui a reproché de ne pas faire le nécessaire pour les sinistrés.

« Je suis désolé de vous le dire, mais vous avez un peu chamboulé notre budget, a répondu Donald Trump, parce ce que nous avons dépensé beaucoup d'argent à Porto Rico. Et c'est tant mieux, nous avons sauvé beaucoup de vies », a dit le président qui avait dénigré la mairesse après qu’elle eut critiqué la réponse inadéquate de son administration.

Dans une série de tweets écrits samedi, M. Trump avait accusé la mairesse de faire preuve d’un « leadership médiocre » et a dit que les résidents attendaient « que l’on fasse tout pour eux ».

À Porto Rico, mardi, devant une chapelle où un centre de distribution d'aide a été aménagé, il a comparé les pertes de vie de l'île à celles des autres ouragans.

« Seize vies, c'est beaucoup, mais, si on compare ça aux milliers de personnes tuées par d'autres ouragans, ce n'est pas franchement aussi grave », a estimé Donald Trump.

Donald Trump et son épouse Melania ont parcouru les rues de Guaynabo. Il a demandé aux habitants de cette petite ville plutôt aisée dans quel état était leur maison. Il a posé avec eux sur les photos, distribué du riz et lancé des rouleaux de papier essuie-tout à des résidents venus l'écouter.

Outre les dégâts matériels, le président Trump a aussi constaté qu'il n'était pas partout le bienvenu. « You are a bad hombre » (Vous êtes un mauvais homme), pouvait-on lire sur la pancarte brandie par une femme au passage de son convoi.

Vers l'effacement de la dette?

En entrevue avec le réseau télévisé Fox News, Donald Trump a laissé entendre mardi que l'importante dette du territoire américain pourrait être annulée, sans doute pour favoriser la reconstruction et la relance économique.

Porto Rico, qui était déjà en récession avant le passage de l'ouragan, avait déclaré faillite, le gouvernement ployant sous le poids d'un passif de 72 milliards de dollars américains.

« Ils doivent beaucoup d'argent à vos amis de Wall Street et nous allons devoir faire disparaître tout ça. Vous allez dire au revoir à cela, je ne sais pas s'il s'agit de Goldman Sachs, mais peu importe de qui il s'agit, vous pouvez y dire au revoir », a ainsi lancé le chef d'État dans cette entrevue réalisée pendant qu'il visitait l'île.

Mardi, toujours, la firme Moody's a estimé que le passage de Maria avait entraîné des dégâts et une perte de productivité de 45 à 95 milliards de dollars américains, et que le gouvernement fédéral devrait fortement mettre la main à la pâte pour ramener les choses à la normale.

Une réponse « extraordinaire », dit Trump

Le président Trump a été louangé pour la réponse offerte par son administration après le passage des ouragans Harvey, au Texas, et Irma, en Floride et dans les Caraïbes.

Il est cependant critiqué pour la lenteur des secours offerts à Porto Rico. Il n’en maintient pas moins que les secours sont à la hauteur du désastre. « C’est extraordinaire, ce qui a été fait en un temps si court », a-t-il réitéré, lundi, depuis le Bureau ovale.

Extraordinaire ou pas, la situation demeure extrêmement difficile pour les résidents de l’île, qui avaient aussi été frappés par Irma précédemment, malgré la présence de 10 000 responsables de la FEMA.

Environ 95 % des maisons et des établissements, dont des hôpitaux, sont toujours privés d’électricité, 55 % n’ont aucun accès à de l’eau potable, et 40 % des stations d’essence ne sont toujours pas en service. De longues files d’attente se forment devant les stations qui en ont.

La situation est telle qu’Oxfam a annoncé lundi qu’il interviendra sur l’île, une décision rare pour un organisme plutôt appelé à travailler dans des pays pauvres ou en voie de développement.

Un impact sur la prochaine présidentielle?

Selon des sources au Congrès, l’administration Trump se prépare à demander au Congrès de débloquer une aide financière de 13 milliards de dollars pour Porto Rico et d’autres endroits frappés par les ouragans.

Le paradoxe de la visite de M. Trump à Porto Rico est qu’il ne rencontrera pas des électeurs : comme l’île a le statut de territoire non incorporé des États-Unis, ses habitants sont des citoyens américains, mais ils ne votent pas aux élections présidentielles.

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