Retour

Trump renvoie la procureure générale des États-Unis opposée à son décret

Donald Trump a montré la porte à Sally Yates, la procureure générale des États-Unis, après qu'elle eut ordonné aux avocats du département de la Justice de ne pas appliquer le décret du président qui bannit l'accès au territoire américain aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a annoncé la nouvelle sur son compte Twitter. L’information a ensuite été relayée par le compte Facebook officiel de Donald Trump.

Le communiqué de la Maison-Blanche indique que Mme Yates « a trahi le département de la Justice en refusant de mettre en place une directive légale visant à protéger les citoyens américains », et qu'elle était « faible sur les frontières et très faible sur l'immigration illégale »

Le nouveau président américain a nommé Dana Boente, le procureur fédéral du district de l’est de la Virginie, pour la remplacer, jusqu’à ce que la nomination du sénateur Jeff Sessions à ce poste soit confirmée. Selon lui, les sénateurs démocrates bloquent son entrée pour des raisons politiques.

M. Boente a immédiatement annulé les instructions de Mme Yates. « Je donne instruction aux hommes et aux femmes du département de la Justice de faire leur devoir comme nous l'avons juré et de défendre les ordres légaux de notre président », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Nommée par l'ex-président Obama à titre intérimaire, Sally Yates avait mis en doute dans une note interne la légalité du décret, que l'exécutif a adopté pour empêcher l'entrée aux États-Unis de « terroristes islamiques radicaux ».

Elle disait douter que la défense du décret présidentiel soit « en ligne avec l'obligation solennelle de l'institution de toujours rechercher la justice et défendre ce qui est juste ».

Ma responsabilité est de m’assurer que la position du département de la Justice est non seulement défendable, mais conforme à la loi, selon notre analyse de tous les faits.

Sally Yates, procureure générale des États-Unis par intérim

Par ailleurs, le président américain a nommé Thomas D. Homan comme directeur intérimaire de l’immigration et des douanes. M. Homan occupait depuis 2013 le poste de directeur associé de l’immigration et des douanes et des opérations de détention.

Le secrétaire à la Sécurité intérieure, John Kelly, a confirmé cette nomination par voie de communiqué. Thomas D. Homan remplace ainsi Daniel Ragsdale, issu de l’ancienne administration Obama.

Le décret que Donald Trump a signé vendredi interdit pendant 90 jours l'accès au territoire américain aux ressortissants en provenance d'Iran, d'Irak, de Libye, de Somalie, de Syrie, du Soudan et du Yémen. Il bloque également pendant 120 jours l'accueil de tout réfugié aux États-Unis et suspend à une date ultérieure l'accueil de tous les réfugiés syriens.

Le gouvernement américain a cependant accordé des dérogations à 872 réfugiés concernés par le décret présidentiel, qui pourront entrer aux États-Unis cette semaine, selon un document interne du département de la Sécurité intérieure.

Un responsable de la Sécurité intérieure a confirmé ces exceptions, expliquant que les réfugiés étaient considérés comme « en transit » et que leur installation avait été approuvée avant l'entrée en vigueur de la suspension temporaire de l'accueil des réfugiés du décret.

Les critiques fusent de toutes parts

En plus des manifestations qui ont eu lieu partout dans le monde contre le décret, l’ex-président Barack Obama a ajouté sa voix à la discordance à l'encontre des politiques de Donald Trump et s'est dit encouragé par la mobilisation aux États-Unis. Son porte-parole, Kevin Lewis, a déclaré qu’Obama était « en désaccord fondamental avec la notion de discriminer des individus en raison de leur croyance ou de leur religion ».

De nombreuses entreprises privées ont également manifesté leur désaccord envers la décision de bloquer des immigrants à la frontière. Une baisse a été observée à Wall Street lundi. L’indice Dow Jones a clôturé à -0,61 % et le Nasdaq à -0,83 %. « Il y a certainement un grand malaise », a commenté le vice-président et directeur de l’investissement à Hindale Associates.

La banque Goldman Sachs, dont certains anciens dirigeants font partie de l’administration Trump, a également critiqué le décret. Dans un message envoyé à ses employés, dimanche, son président et directeur général, Lloyd Blankfein, a souligné que la diversité représentait « la marque du succès de Goldman » et que la mesure anti-immigration serait dommageable à l’entreprise si elle devenait permanente.

Ce n’est pas une politique que nous soutenons

Lloyd Blankfein, président et directeur général de Goldman Sachs

Un groupe de dirigeants de la Silicon Valley, dont ceux d’Apple, Microsoft, Google, Airbnb et Netflix, s'est aussi prononcé contre le décret. Le président et directeur général de Starbucks a fait savoir de son côté qu’il engagerait 10 000 réfugiés dans les cinq prochaines années afin de protester contre l’ordre du président Trump. Google a de son côté créé un fonds de crise de deux millions de dollars américains auquel ses employés peuvent ajouter une contribution jusqu’à une valeur totale équivalente à la mise de leur patron. Les fonds recueillis seront acheminés à quatre organisations, notamment l’Union des droits civils américains.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine