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Trump reporte sa décision sur les tarifs sur l'acier et l'aluminium

Le Canada, le Mexique et l'Union européenne ne feront pas l'objet de tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium d'ici au 1er juin prochain. C'est à cette date que le président américain Donald Trump prendra sa décision concernant les pays qui pourraient être exemptés de l'application de cette mesure.

« L'administration [Trump] a prolongé de 30 jours les négociations avec le Canada, le Mexique et l'Union européenne. Dans toutes ces négociations, l'administration reste focalisée sur les quotas qui restreindront les importations [...] et préserveront la sécurité nationale », indique-t-elle dans un communiqué.

Le président Trump avait déjà posé comme condition à une exemption pour le Canada et le Mexique la réussite, du moins de son point de vue, de la renégociation de l'ALENA.

Donald Trump avait promulgué le décret imposant des tarifs douaniers de 25 % sur les importations d’acier et de 10 % sur celle d’aluminium, le 8 mars dernier, lors d’une cérémonie de signature officielle à la Maison-Blanche. Il avait toutefois dispensé le Canada et le Mexique de ces freins à l’exportation.

Deux semaines plus tard, c’était au tour de l'Union européenne, de l'Argentine, de l'Australie, du Brésil et de la Corée du Sud d’être dans les bonnes grâces de M. Trump.

Ces derniers pays profitent également d’un sursis puisque le président américain est parvenu à une entente de principe avec eux sur l'acier et l'aluminium, qui sera finalisée prochainement.

L’administration Trump mentionne également s’être entendue avec la Corée du Sud sur les importations d’acier, à la suite de discussions sur la révision d’un accord commercial annoncé le 28 mars.

L’exemption venait à échéance mardi matin, à 00 h 01.

Le Canada se dit optimiste

Affaires mondiales Canada a réagi en rappelant que « le Canada et les États-Unis ont le plus important partenariat entre deux pays dans le monde ».

« Nous sommes des alliés sans équivoques au sein du NORAD [Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord], de l'OTAN [Organisation du Traité de l’Atlantique Nord] ainsi qu'à nos frontières », a indiqué Adam Austen, l'attaché de presse de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

« Le Canada va continuer à travailler à la préservation de bons emplois stables pour les travailleurs de l'acier de l'aluminium des deux côtés de la frontière », a-t-il ajouté.

Plus tôt lundi à Vancouver, le premier ministre Justin Trudeau se montrait optimiste. « Il n'y a aucun doute que les deux pays sont aussi intégrés dans leur commerce d'aluminium et d'acier, et ce serait dommage, pas seulement pour le Canada, mais pour les États-Unis aussi, de voir des limites ou des tarifs imposés sur ce commerce », a-t-il soutenu.

Le Canada fournit plus d'un sixième de tout l'acier que les États-Unis utilisent et plus de 40 % de son aluminium. L'an dernier, il y a exporté pour 15 milliards de dollars de ces deux métaux, de sorte qu'un tarif douanier entraînerait probablement des mesures de rétorsion sur les marchandises américaines importées au Canada.

Le Canada a toujours maintenu que de tels tarifs douaniers ne pouvaient se justifier ni d'un point de vue économique ni juridique – ni même militaire.

D'ailleurs, le gouvernement Trudeau a adopté des mesures, fin mars, pour s'assurer que les industries canadiennes et américaines de l'acier et de l'aluminium ne sont pas « injustement » perturbées par des importations étrangères.

L'administration Trump soutient, elle, que ces tarifs sont nécessaires, notamment parce qu'une trop grande dépendance aux métaux de l'étranger constitue une menace à la sécurité nationale des États-Unis.

Une décision qui « prolonge l’incertitude »

La Commission européenne voit d’un mauvais œil cette extension de dernière minute consentie par les États-Unis. Rejetant « les raisons de sécurité nationale », elle estime que l'Union européenne devrait être « totalement et définitivement exemptée de ces mesures ».« La décision américaine prolonge l'incertitude du marché, qui affecte déjà les décisions commerciales », a-t-elle réagi par communiqué.

Pour faire face aux menaces du président Trump, l’Union européenne avait annoncé qu’elle riposterait si des tarifs douaniers prohibitifs lui étaient imposés.

Elle prévoyait notamment de taxer les jeans, le beurre de cacahuète, le jus d'orange ou encore le bourbon en provenance des États-Unis.

« La surcapacité dans les secteurs de l'acier et de l'aluminium ne provient pas de l'UE », a défendu la Commission européenne dans son communiqué, soulignant qu’au cours des derniers mois, l’UE s’était engagée à collaborer avec les États-Unis et les autres partenaires afin de trouver une solution.

La commissaire européenne chargée du Commerce, Cecilia Malmström, reste en contact avec les responsables américains, a assuré l'exécutif européen.

L'Europe a exporté 5,3 milliards d'euros (8,3 milliards de dollars canadiens) d'acier et 1,1 milliard d'euros (1,7 milliard de dollars canadiens) d'aluminium en 2017 vers le pays de l'Oncle Sam.

Quant à l'entente avec la Corée du Sud, la nouvelle mouture du traité de libre-échange prévoit que Séoul ouvrira davantage son marché automobile aux constructeurs américains.

Le gouvernement de Moon Jae-in a accepté la prolongation jusqu'en 2041 de taxes américaines de 25 % sur les camionnettes, ainsi qu'un quota annuel d'exportations d’acier vers les États-Unis de 2,68 millions de tonnes, soit 70 % de la moyenne de ses exportations annuelles sur les trois dernières années.

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