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Trump s'invite dans le débat sur le Brexit et fait la leçon à May

Donald Trump est arrivé jeudi au Royaume-Uni pour une visite officielle et a été accueilli par les huées de manifestants opposés à sa venue. Le président des États-Unis s'est aussi mis les pieds dans le plat en critiquant Theresa May au sujet du Brexit.

Le gouvernement britannique, qui a présenté jeudi les détails de son plan sur la future relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne (UE) après le Brexit en mars 2019, prévoit mettre en place une nouvelle « zone de libre-échange pour les biens ».

Cette zone sera destinée à maintenir un commerce « sans friction » avec les 27 membres de l'UE et doit permettre, par l'instauration d'un « arrangement douanier simplifié », d'« éviter une frontière dure entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande ».

Ces propositions, qualifiées de « soft Brexit » (Brexit modéré), ont attiré les critiques des eurosceptiques... et du président américain.

« S'ils font ça, l'accord commercial avec les États-Unis ne se fera probablement pas », a offert Donald Trump, dans un entretien accordé au tabloïd britannique The Sun.

Le président américain s'est entretenu avec le quotidien (possédé par Rupert Murdoch) avant son arrivée au Royaume-Uni, jeudi après-midi.

Il y raconte notamment regretter que Theresa May n'ait pas écouté son conseil de se montrer plus dure dans les négociations avec Bruxelles.

Minant encore davantage l'autorité de la première ministre, Donald Trump y a aussi estimé que l'ex-ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, qui a démissionné lundi en raison d'un Brexit jugé trop mou, ferait « un grand premier ministre ».

Ce qu'a raconté Trump au Sun n'est pas surprenant, dans la mesure où il avait déjà mis la table à l'issue du sommet de l'OTAN, toujours jeudi.

Depuis Bruxelles, il avait dit douter que les propositions de la première ministre britannique sur la future relation commerciale avec l'Union européenne (UE) correspondent à la volonté des 51,9 % de Britanniques qui ont voté en faveur du Brexit, il y a deux ans.

« Je ne sais pas si c'est ce pour quoi [les Britanniques] ont voté. Les gens ont voté pour rompre » les liens avec l'UE, avait-il offert.

Tapis rouge pour les Trump

C'est donc toute une claque pour la chef de l'exécutif britannique, qui tente de rassoir son autorité sur son parti conservateur divisé par le Brexit.

Cet entretien de Trump au Sun survient alors que le Royaume-Uni lui a déroulé le tapis rouge au premier jour de sa visite officielle dans le pays, dans l'espoir de conclure un accord de libre-échange avec les États-Unis.

La visite du président américain doit évidemment porter sur les liens commerciaux des États-Unis avec Londres, puisque Theresa May cherche par tous les moyens à conclure une entente de libre-échange avec les États-Unis.

Mme May a tout de même accueilli jeudi soir le président et son épouse Melania pour un dîner de gala à Blenheim, près d'Oxford, dans une imposante résidence de campagne où des représentants du monde économique étaient notamment invités.

Des manifestants l'attendent de pied ferme

Avant le départ des Trump pour Blenheim depuis Winfield House, résidence de l'ambassadeur des États-Unis à Londres, une manifestation de quelques centaines de personnes a eu lieu en début de soirée.

« Combien d'enfants as-tu mis en cage aujourd'hui? » ont-ils crié, en référence aux enfants retenus par les autorités américaines après être arrivés illégalement aux États-Unis.

Ils ont hué à pleins poumons quand un hélicoptère a emmené le président américain vers Blenheim.

De nombreuses manifestations anti-Trump ponctueront la visite du président américain, la plus massive devant rassembler des dizaines de milliers de personnes vendredi à Trafalgar Square, dans la capitale britannique.

Un ballon géant à l'effigie d'un Trump en couche flottera aussi dans le ciel, près du parlement.

« Cette manifestation n'est pas anti-américaine, loin de là. La plupart de ceux qui défileront vendredi aiment les États-Unis, comme moi », a indiqué le maire de Londres, Sadiq Khan, qui a eu des échanges venimeux avec M.Trump depuis l'arrivée au pouvoir de ce dernier.

De bonnes relations mises à l'épreuve

Interrogé sur ces manifestations avant son départ à Londres, le président a rétorqué que les Britanniques « [l]'aiment beaucoup ». Toutefois, selon un sondage YouGov publié jeudi, 77 % des Britanniques ont une opinion défavorable du dirigeant et près de la moitié (49 %) pensent que la reine Elizabeth II ne devrait pas le recevoir, vendredi après-midi, au château de Windsor pour prendre le thé.

Vendredi matin, le président visitera la prestigieuse Académie royale militaire de Sandhurst avec Theresa May, avant des discussions bilatérales à Chequers, résidence de campagne des premiers ministres britanniques, à 70 km au nord-ouest de Londres.

Outre le Brexit, les échanges porteront sur le commerce, la Russie et le Proche-Orient.

Après cette visite officielle, le couple présidentiel passera le week-end en privé en Écosse, où M. Trump possède deux terrains de golf.

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