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Trump signe la loi sur les sanctions contre Moscou et la critique

Le président Donald Trump a promulgué mercredi, « au nom de l'unité nationale », la loi adoptée par le Sénat imposant de nouvelles sanctions économiques à la Russie, tout en ne ménageant pas ses critiques contre un texte qu'il juge « imparfait ».

Après avoir signé la loi, qui va à l'encontre de son souhait d'améliorer les relations avec Moscou, le président a dressé une liste de réserves à l'encontre du texte. Il a estimé ainsi qu'il était loin d'être parfait, car selon lui, le Congrès y a adjoint des clauses non conformes à la Constitution, qui empiètent sur l'autorité du président.

Mais parce que le texte a été voté à la quasi-unanimité (98 voix contre deux au Sénat, et 419 voix contre trois à la Chambre des représentants), signe d'une adhésion dépassant les clivages politiques, le Congrès aurait pu aisément passer outre un éventuel veto présidentiel.

« Si je suis favorable à des mesures de fermeté pour sanctionner et dissuader tout comportement agressif et déstabilisateur de l'Iran, de la Corée du Nord et de la Russie, cette loi comporte de gros défauts », a dit Trump.

« Mon administration [...] attend du Congrès qu'il s'abstienne d'utiliser cette loi imparfaite pour entraver notre importante coopération avec nos alliés européens afin de résoudre le conflit en Ukraine, et qu'il ne s'en serve pas non plus pour gêner nos efforts pour pallier les conséquences involontaires qu'elle pourrait avoir pour les entreprises américaines, pour nos amis ou nos alliés », a-t-il expliqué.

« Malgré ces problèmes, je signe cette loi au nom de l'unité nationale », a-t-il conclu, jugeant le texte « emblématique de la volonté du peuple américain de voir la Russie prendre des mesures pour améliorer ses relations avec les États-Unis ».

Aux Nations unies, l'ambassadeur russe a fait observer que le président américain était « pratiquement obligé » de promulguer cette loi. Sur le fond, Vassili Nebenzia a déclaré que « certains représentants américains disaient que cette loi pourrait inciter la Russie à coopérer avec les États-Unis, c'est pour une étrange forme d'encouragement ».

En Russie, Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence, a déclaré pour sa part que la promulgation du texte ne changeait rien.

Le Kremlin a ordonné le week-end dernier le départ de 755 des 1200 personnes rattachées à l'ambassade et aux services consulaires des États-Unis en Russie.

Méfiance des démocrates

Par cette loi étendant les sanctions contre la Russie, républicains et démocrates du Congrès entendent riposter à l'annexion russe de la Crimée en mars 2014, mais aussi aux ingérences de Moscou dans la campagne présidentielle américaine de 2016, qui font l'objet de plusieurs enquêtes parlementaires.

Interrogé par Fox News, le vice-président américain Mike Pence, en visite au Monténégro, a déclaré que pour Donald Trump, la loi sur les sanctions russes réaffirmait son propre engagement en faveur des sanctions existantes, tout en pensant qu'elle limitait ses prérogatives en matière de politique étrangère.

Donald Trump avait déclaré durant la campagne électorale et après son élection vouloir améliorer les relations avec la Russie. Le secrétaire d'État, Rex Tillerson, a dit mardi à la presse que le président et lui-même ne trouvaient pas que les nouvelles sanctions « sont utiles à nos efforts » diplomatiques avec la Russie.

Les républicains ont dans l'ensemble salué la promulgation de la loi par le président. Le sénateur républicain Lindsey Graham, cependant, a jugé que la signature s'était faite trop discrètement, sans les caméras de télévision et l'ensemble de journalistes présents d'ordinaire pour pareille signature.

Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, s'est montrée méfiante.

« Le Congrès dominé par les républicains ne doit pas permettre à la Maison-Blanche de Trump de se soustraire à son devoir, qui consiste à imposer ces sanctions face à l'agression éhontée de la Russie contre notre démocratie ».

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