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Trump soutient que son décret ne cible pas les musulmans

Accusant les médias de colporter de fausses informations, le président Donald Trump assure que son décret qui ferme les frontières des États-Unis à certains réfugiés et étrangers ne vise pas spécialement les musulmans.

Le décret qui interdit l'entrée aux États-Unis de réfugiés et ressortissants de Somalie, de Libye, de Syrie, d'Iran, d'Irak, du Yémen et du Soudan fait l'objet, depuis son annonce vendredi, d'un feu nourri de critiques sur tous les fronts, que M. Trump tente maintenant de calmer.

Il a ainsi soutenu dimanche, dans un communiqué, que son pays compte reprendre la délivrance normale de visas pour tous les pays dès que des mesures de sécurité adéquates auront été mises en place, d'ici 90 jours.

Pour que les choses soient claires, il ne s'agit pas d'une interdiction visant les musulmans, comme les médias le rapportent faussement. Cela n'a rien à voir avec la religion, il s'agit de terrorisme et de la sécurité de notre pays.

Donald Trump, dans son communiqué

« Il y a une quarantaine de pays dans le monde qui sont en majorité musulmans et qui ne sont pas concernés par ce décret », a-t-il ajouté.

La Maison-Blanche a nié avoir agi de façon précipitée. « L'administration ne pouvait pas télégraphier ses intentions avant l'entrée en vigueur du décret, car cela aurait provoqué une venue massive de personnes de ces pays avant, ce qui aurait posé des problèmes de sécurité », a justifié son porte-parole, Sean Spicer, en entrevue à ABC.

Le secrétaire général de la Maison-Blanche, Reince Priebus, a quant à lui semblé jeter de l'huile sur le feu. « Peut-être faudrait-il aller encore plus loin », a-t-il laissé tomber sur les ondes de CBS.

En l'absence de consignes claires aux agents frontaliers, l'application du décret se fait dans le désordre. Les titulaires de cartes vertes – des permis de résident permanent – étaient au départ visés, mais M. Priebus a précisé dimanche qu'ils ne devaient pas l'être. Les Américains détenant une deuxième nationalité sont exemptés eux aussi.

Condamnation de procureurs généraux

Les procureurs généraux démocrates de 16 États américains, dont ceux de la Californie et de New York, ont publié un communiqué commun pour condamner le décret. Ils étudient les moyens de combattre cette mesure devant la justice. « Nous voulons travailler à garantir qu'aussi peu de personnes que possible subissent les conséquences de la situation chaotique qui a été créée », mentionne leur communiqué.

La liberté religieuse a été et sera toujours le principe fondateur de notre pays et aucun président ne peut modifier cette vérité.

Les procureurs généraux démocrates de 16 États, dans un communiqué

Les États concernés sont la Californie, l'État de New York, la Pennsylvanie, l'État de Washington, le Massachusetts, Hawaï, la Virginie, le Vermont, l'Oregon, le Connecticut, le Nouveau-Mexique, l'Iowa, le Maine, le Maryland et l'Illinois, de même que Washington D.C.

Quatre juges à Brooklyn, Boston, Alexandria (Virginie) et Seattle ont prononcé pendant le week-end des sursis signifiant que les personnes venues des sept pays visés mais ayant un visa valide ne peuvent pas être expulsées ni refoulées à la frontière.

Sénateurs républicains opposés au décret

Le décret de Donald Trump rencontre aussi l'opposition de certains républicains du Congrès.

Le chef de la majorité au Sénat américain, Mitch McConnell, a déclaré qu'il fallait « faire attention » dans la mise en oeuvre du décret. « Il est important de se souvenir que certaines de nos meilleures sources dans la guerre contre le terrorisme islamique radical sont musulmanes, à la fois dans ce pays et à l'étranger », a-t-il dit.

Selon le sénateur Rob Portman, de l'Ohio, M. Trump devrait « mettre la pédale douce » et collaborer avec les parlementaires afin de trouver le meilleur moyen pour contrôler les étrangers entrant aux États-Unis.

Interviewé sur les ondes de CNN, M. Portman a ajouté que tous « devraient respirer par le nez et trouver quelque chose de sensé » en accord avec le fait que « les États-Unis ont toujours été une terre d'accueil pour les réfugiés et les immigrants ».

Le sénateur républicain John McCain a pour sa part évoqué « un processus confus », et estimé que le décret pourrait être utilisé comme matériel de propagande par le groupe armé État islamique.

« Ce décret laisse entendre que les États-Unis ne veulent pas laisser entrer de musulmans », a déploré M. McCain dans une déclaration commune avec son collègue sénateur Lindsey Graham.

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